SCANDALE À 17 MILLIARDS FCFA : SERTEM révèle les incohérences de la DER

La défense médiatique de la Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide (DER/FJ) dans le dossier du Centre Mohamed Bin Zayed soulève de graves zones d’ombre et serait en contradiction avec plusieurs documents contractuels. Présentée comme une tentative de clarification, la sortie publique de la DER pourrait finalement se retourner contre elle. Car, d’après les éléments consultés, la version officielle de l’institution ne résisterait pas à l’analyse des faits dans le cadre du litige l’opposant à SERTEM GROUPE, autour d’un marché estimé à 17 milliards FCFA.

Une accusation centrale contestée

La DER accuse SERTEM d’avoir « arrêté unilatéralement les travaux pendant 20 mois ». Une affirmation que contredisent, selon la source de l’Evidence, plusieurs pièces du dossier. La chronologie évoquée fait état :

  • d’une mise en demeure dès mars 2023 pour non-paiement et absence d’exonérations,
  • d’une poursuite des travaux constatée en février 2024,
  • d’une suspension intervenue en avril 2024 dans un cadre contractuel,
  • et d’une démobilisation en janvier 2026, après notification de résiliation.

Ces éléments suggèrent qu’il s’agirait plutôt d’une suspension légale que d’un arrêt unilatéral.

La question sensible des exonérations

Le point le plus critique concerne les exonérations fiscales et douanières. Selon notre source, SERTEM n’aurait jamais reçu les documents nécessaires à l’exécution du marché. La DER reconnaîtrait elle-même être en attente de validations administratives, notamment de la DGID et des Douanes. Une autorisation d’exonération de plusieurs milliards FCFA est évoquée, mais aucun titre concret n’aurait été transmis à l’entreprise.Conséquences évoquées : blocage des fournisseurs, refus de facturation hors taxes, matériel immobilisé en douane.

Autant d’éléments qui auraient fortement ralenti le chantier.

Des retards dans la validation des plans

Autre point soulevé : les plans architecturaux n’auraient été validés qu’en février 2023, soit près d’un an après le lancement du projet. Une situation jugée inhabituelle pour un projet de cette envergure, dans la mesure où les travaux auraient été engagés sans validation complète préalable.

Des impayés au cœur du différend

Les documents évoqués font également état de plusieurs milliards FCFA d’impayés, dont une grande partie aurait été constatée avant septembre 2023. Selon les règles contractuelles rappelées dans le dossier, tout dépassement des délais de paiement pourrait ouvrir droit à des intérêts moratoires et à une suspension des travaux.

Une avance de démarrage relativisée

La DER met en avant une avance de démarrage importante accordée à SERTEM. Mais, selon la source, cette avance correspondrait aux standards contractuels (environ 20 % du marché), serait entièrement garantie et destinée uniquement à la mobilisation initiale du chantier. Elle ne constituerait donc pas un règlement des travaux réalisés.

Un silence administratif pointé du doigt

Autre élément troublant relevé : plusieurs correspondances adressées par SERTEM, notamment des mises en demeure, seraient restées sans réponse. Ce silence prolongé est interprété comme un signe de dysfonctionnement dans la gestion du projet.

Un projet lancé dans des conditions contestées

Toujours selon la source de L’Evidence, le projet aurait été engagé alors que certaines conditions essentielles n’étaient pas réunies : absence d’exonérations effectives, validation tardive des plans et incertitudes administratives.

Des divergences sur le coût réel du projet

La DER évoque un coût global dépassant les 25 milliards FCFA, tandis que le contrat initial serait estimé à environ 17 milliards FCFA hors taxes. Une différence notable qui alimente davantage la controverse.

Une résiliation sous tension

Enfin, la résiliation du contrat soulève elle aussi des interrogations. Des recommandations de retrait du projet à la DER auraient été émises par des organes de contrôle, selon la source. Malgré cela, le marché aurait été rapidement réattribué, alors même qu’une procédure juridictionnelle serait en cours.

Une affaire aux implications majeures

Au-delà du différend contractuel, ce dossier met en lumière des dysfonctionnements potentiels dans la gestion d’un projet d’envergure. Selon notre source, les éléments disponibles tendraient à démontrer une série de manquements administratifs et une communication officielle fragilisée par les faits. L’affaire pourrait ainsi prendre une dimension plus large, posant la question de la gouvernance des grands projets publics et de la transparence dans leur exécution.