GREVE ET MALAISE SOCIALE : Le Parti Justice et Développement accuse le gouvernement de « désertion silencieuse »

Alors que les secteurs de la santé, de l’éducation et des transports s’enfoncent dans une paralysie chronique, le secrétaire général du Parti Justice et Développement (PJD), Cheikh Ibrahima Diallo, brise le silence. Dans une sortie cinglante, il dénonce l’attitude attentiste des autorités, qu’il assimile à un abandon pur et simple de leurs devoirs républicains.
Un mutisme annonciateur d’un naufrage institutionnel.

Cheikh Ibrahima Diallo ne mâche pas ses mots. Pour le leader du PJD, la gravité de la situation sociale impose une réaction que le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, n’a pas eue. En restant sourd aux débrayages qui ébranlent le pays, l’exécutif se rendrait, selon lui, coupable d’une « désertion » aux conséquences potentiment désastreuses.
« Lorsque le silence devient une forme de désertion, alors la nation devra veiller à sa propre survie, sous peine de basculer dans des défaillances chaotiques », a-t-il averti.
Cette sortie vise en droite ligne la gestion — ou l’absence de gestion — des mouvements sociaux en cours. Loin d’une simple posture, ce mutisme trahirait, pour le secrétaire général du PJD, une fuite en avant. Il qualifie les responsables actuels d’« inconscients » face à une urgence sociale qui ne cesse de grandir.
Une promesse électorale trahie
Le constat dressé par Cheikh Ibrahima Diallo est sans appel : un fossé s’est creusé entre le discours d’hier et la réalité du pouvoir. En évoquant des dirigeants qui « fuient l’engagement pris devant le peuple qui les a élus », il pointe une rupture de confiance aux allures de trahison. Cette défection, prévient-il, pourrait, si rien ne change, plonger le pays dans une instabilité durable.
Les secteurs de la santé, de l’éducation et des transports — piliers de la vie quotidienne — sont aujourd’hui grippés. L’absence criante de dialogue social, couplée à cette paralysie, nourrit un sentiment général de dérive, d’un exécutif qui navigue à vue.
« Recycler » l’appareil d’État : un avertissement radical
Le point le plus frappant de sa déclaration reste sans doute l’appel à un « recyclage » des méthodes de gouvernance. Derrière ce terme volontairement fort, Cheikh Ibrahima Diallo suggère qu’une restructuration profonde de l’équipe gouvernementale — ou de l’appareil d’État lui-même — est devenue indispensable.
Pour le PJD, l’avenir du pays dépend de la capacité des autorités à cesser de se retrancher derrière une indiffence coupable. Dans un climat social sous haute tension, cette mise en garde résonne comme un ultime avertissement : avant que les « défaillances chaotiques » ne deviennent irréversibles, il est temps d’affronter les problèmes de face.