MODIFICATION « UNILATÉRALE » DU CODE ÉLECTORAL : Le FDR dénonce une « forfaiture »

Le débat politique s’intensifie autour de la proposition de loi déposée par le groupe parlementaire PASTEF visant à modifier certaines dispositions du Code électoral, notamment l’article L29 et l’abrogation de l’article L30. Dans une déclaration rendue publique ce 16 avril 2026 à Dakar, la Conférence des leaders du Front pour la Défense de la République (FDR) a vivement dénoncé une initiative qu’elle qualifie de « forfaiture » et de « coup de force institutionnel en gestation ».

Selon le FDR, cette réforme remettrait en cause l’équilibre historique du système électoral sénégalais, construit depuis 1992 sur la base du consensus entre les différentes forces politiques. Le regroupement politique estime que toute modification unilatérale des règles électorales constitue une rupture grave avec cette tradition de dialogue, pilier de la stabilité démocratique du pays. Dans son document, le FDR accuse également le pouvoir en place de vouloir adapter les règles du jeu électoral à des intérêts particuliers, évoquant une loi « personnalisée » et rétroactive. Des accusations fermement formulées, qui traduisent une montée de tension entre les acteurs politiques autour des réformes institutionnelles en cours. Le mouvement va plus loin en dénonçant plusieurs faits supposés, allant d’une utilisation controversée des institutions à des irrégularités liées au processus électoral récent. Des allégations graves qui, pour l’heure, n’ont pas fait l’objet de réaction officielle des autorités concernées. Face à cette situation, le FDR exige le retrait immédiat et sans condition de la proposition de loi, ainsi que l’ouverture d’un dialogue inclusif sur le Code électoral sous l’égide de personnalités neutres. Le regroupement appelle également au respect strict du calendrier électoral et des droits de l’ensemble des acteurs politiques.

Au-delà des revendications institutionnelles, le FDR annonce une stratégie de mobilisation. Il prévoit de prendre contact avec les forces vives de la nation, la société civile et les citoyens afin d’organiser, à Dakar comme dans les régions, des manifestations de grande ampleur jusqu’au retrait du texte contesté.

Cette sortie intervient dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions autour des réformes électorales, illustrant une nouvelle fois les divergences profondes entre la majorité et une partie de l’opposition sur la conduite du processus démocratique.