YAKAAR‑TERANGA : Le grand mirage du « 100 000 qui deviendront 50 000 » À quand la fin de la politique du Yakaar ?

Le Sénégal est en pleine fièvre gazière. Le nom « 𝑌𝑎𝑘𝑎𝑎𝑟‑𝑇𝑒𝑟𝑎𝑛𝑔𝑎 » circule dans les discours officiels comme une formule magique : gaz sénégalais, souveraineté retrouvée, électricité qui baisse, factures allégées, promesse de prospérité. Le directeur général de Petrosen, Alioune Guèye, est au cœur de ce récit. Dans une récente interview, il assène un chiffre fort : le gaz de Yakaar‑Teranga, « 𝙥𝙤𝙪𝙧𝙧𝙖𝙞𝙩 𝙙𝙞𝙫𝙞𝙨𝙚𝙧 𝙥𝙖𝙧 𝙙𝙚𝙪𝙭 𝙡𝙚 𝙘𝙤𝙪̂𝙩 𝙙𝙚 𝙡’𝙚́𝙡𝙚𝙘𝙩𝙧𝙞𝙘𝙞𝙩𝙚́ ». Un citoyen qui paie aujourd’hui 1̶0̶0̶ 0̶0̶0̶ F̶C̶F̶A̶ verra sa facture tomber à 50 000 FCFA, si l’on en croit la métaphore, lancée avec le sourire, presque comme un prospectus publicitaire.

C’est beau, rond, facile à retenir. En rhétorique politique, on appelle ça de la quantification rhétorique/argumentative : Transformer une réalité complexe en un nombre simple (ex: « 50 000 Fcfa sur les factures ») pour la rendre mémorable et impressionnante.

Mais il y a juste un petit détail : quand tout cela arrivera‑t‑il vraiment ?

𝐔𝐧 𝐬𝐥𝐨𝐠𝐚𝐧, 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐜𝐚𝐥𝐞𝐧𝐝𝐫𝐢𝐞𝐫
Relisez l’interview. On y trouve des « assurances de souveraineté énergétique », des « révolutions tarifaires annoncées », des « 25 à 32 trillions de pieds cubiques (TCF) de gaz », de près de 23 ans d’autonomie énergétique pour le pays et cela pour un seul TCF. On y parle de reprise de contrôle national du bloc, de rupture avec les majors, de réappropriation des ressources.

𝙈𝙖𝙞𝙨 𝙪𝙣𝙚 𝙙𝙖𝙩𝙚 𝙥𝙧𝙚́𝙘𝙞𝙨𝙚, 𝙪𝙣 𝙚𝙣𝙜𝙖𝙜𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙘𝙡𝙖𝙞𝙧, 𝙙𝙪 𝙩𝙮𝙥𝙚 : «𝘼̀ 𝙥𝙖𝙧𝙩𝙞𝙧 𝙙𝙚 20𝙓𝙓, 𝙫𝙤𝙩𝙧𝙚 𝙛𝙖𝙘𝙩𝙪𝙧𝙚 𝙎𝙚𝙣𝙚𝙡𝙚𝙘 𝙙𝙞𝙢𝙞𝙣𝙪𝙚𝙧𝙖 𝙙𝙚 𝙩𝙖𝙣𝙩 𝙙𝙚 𝙥𝙤𝙪𝙧𝙘𝙚𝙣𝙩𝙨 » ? 𝙉𝙪𝙡𝙡𝙚 𝙥𝙖𝙧𝙩. Wakh len niou Kagn Mr le Directeur té bayi discours politique yi.

Les documents officiels, eux, sont plus modestes : d’après les indicateurs publics, on parle de décision finale d’investissement d’ici fin 2026, début des travaux vers 2027, et première production de gaz entre fin 2028 et début 2029. Ce n’est pas « 𝐝𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧 », comme le suggère la formule populiste ; ce sont des années de retard potentiels, des années de factures chères, de coupures, de subventions explosées.

Quand on promet à un père de famille que 100 000 FCFA vont devenir 50 000 FCFA, mais sans dire quand ça arrivera, on ne fait plus de prospective énergétique : on fait du storytelling politique, du réchauffement de l’imaginaire, de la prestidigitation. Le Père de famille sait que c’est de la poudre aux yeux. On imagine aisément que ce discours est pour vos partisans. Des jeunes enfants pour la plupart, loin de la réalité et du quotidien du GOORGORLOU avec énormément de temps à passer sur les réseaux.

𝐏𝐞𝐭𝐫𝐨𝐬𝐞𝐧, 𝐥𝐚 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐧’𝐚 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐨𝐩𝐞́𝐫𝐞́ 𝐝𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐦𝐩 𝐨𝐟𝐟𝐬𝐡𝐨𝐫𝐞
Le retrait de Kosmos Energy du bloc Yakaar‑Teranga, acté en avril 2026, a été présenté par le gouvernement comme une « victoire historique », le Sénégal reprenant le contrôle exclusif de son gisement via Petrosen. Un discours de rupture, de souveraineté, de rupture avec les majors.

Mais derrière la phrase de combat, il y a une réalité beaucoup plus inquiétante. Petrosen, la compagnie nationale, n’a jamais développé un seul champ gazié offshore. Elle n’a ni navire de forage, ni usine de liquéfaction, ni terminal de GNL, ni expérience de conduite de projet de cette ampleur. Le retrait de Kosmos, sans transfert massif d’infrastructures opérationnelles ni véritable partage de technologie, ne signifie pas « indépendance », mais plutôt un vide opérationnel comblé par de la communication politique.

Pendant ce temps, Petrosen lance un appel à l’épargne des Sénégalais de la diaspora et des ménages pour financer ce projet, à hauteur de près de 1 800 milliards de FCFA, selon les informations de presse. On parle de « mobilisation patriotique », de « participation citoyenne », d’« épargne conforme aux principes islamiques », mais on évite de rappeler une simple vérité : un projet de ce type, financé par les poches des ménages, ressemble bien plus à une loterie que à un plan industriel crédible.

𝐃𝐞𝐬 𝐥𝐞𝐜̧𝐨𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬
𝙇𝙚 𝙎𝙚́𝙣𝙚́𝙜𝙖𝙡 𝙣’𝙚𝙨𝙩 𝙥𝙖𝙨 𝙡𝙚 𝙥𝙧𝙚𝙢𝙞𝙚𝙧 𝙥𝙖𝙮𝙨 𝙖̀ 𝙨𝙚 𝙧𝙖𝙘𝙤𝙣𝙩𝙚𝙧 𝙡𝙖 𝙢𝙚̂𝙢𝙚 𝙝𝙞𝙨𝙩𝙤𝙞𝙧𝙚 : 𝙙𝙚́𝙘𝙤𝙪𝙫𝙚𝙧𝙩𝙚 𝙙𝙚 𝙜𝙖𝙯, 𝙥𝙧𝙤𝙢𝙚𝙨𝙨𝙚𝙨 𝙙𝙚 𝙨𝙤𝙪𝙫𝙚𝙧𝙖𝙞𝙣𝙚𝙩𝙚́, 𝙗𝙖𝙞𝙨𝙨𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙥𝙧𝙞𝙭, 𝙚𝙩 𝙘𝙞𝙩𝙤𝙮𝙚𝙣𝙨 𝙦𝙪𝙞 𝙖𝙩𝙩𝙚𝙣𝙙𝙚𝙣𝙩 𝙩𝙤𝙪𝙟𝙤𝙪𝙧𝙨.

  • Prenez le Mozambique : les découvertes de gaz dans le bassin de Rovuma, à partir de 2010, étaient censées en faire le « Qatar africain ». Quinze ans plus tard, la région de Cabo Delgado est en proie à une insurrection jihadiste nourrie en partie des frustrations locales, et l’accès à l’électricité du pays reste inférieur à 35% de la population. Le projet de gaz‑to‑power? Il dort, au rythme des retards, des conflits et des investissements qui se désistent.
  • Ou le Ghana, avec le champ Jubilee découvert en 2007 et mis en production autour de 2010. Malgré cela, l’électricité ghanéenne reste parmi les plus chères de la sous‑région, et une tentative de la compagnie nationale GNPC d’augmenter sa participation dans des projets offshore s’est enlisée faute de capacités financières et opérationnelles, selon les analyses publiées. Le pays annonce des hausses de tarifs tout en promettant des réductions à horizon indéterminé, dans un mélange de réalisme et de marketing qui n’est pas loin de ce que l’on entend à Dakar.
  • Même hors d’Afrique, le Venezuela montre combien la « souveraineté » peut être un piège vide : PDVSA, la compagnie nationale, était censée incarner la puissance énergétique bolivarienne, chassant les majors au nom du peuple. Résultat : une production en chute libre, des installations vétustes, une population qui subit des coupures d’électricité chroniques malgré des réserves parmi les plus importantes au monde.

𝐋𝐚 𝐥𝐞𝐜̧𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐬𝐢𝐦𝐩𝐥𝐞 : 𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐝𝐮 𝐠𝐚𝐳 𝐧𝐞 𝐬𝐮𝐟𝐟𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐬. 𝐈𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐬𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐥’𝐞𝐱𝐭𝐫𝐚𝐢𝐫𝐞, 𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞𝐫, 𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞𝐫, 𝐥𝐞 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐫, 𝐞𝐭 𝐬𝐮𝐫𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐚𝐠𝐞𝐫.

𝙇𝙖 𝙫𝙧𝙖𝙞𝙚 𝙨𝙤𝙪𝙫𝙚𝙧𝙖𝙞𝙣𝙚𝙩𝙚́, 𝙘’𝙚𝙨𝙩 𝙡𝙖 𝙘𝙖𝙥𝙖𝙘𝙞𝙩𝙚́, 𝙥𝙖𝙨 𝙡𝙚 𝙙𝙧𝙖𝙥𝙚𝙖𝙪
Le DG de Petrosen aime citer la Norvège et l’Arabie saoudite comme modèles de souveraineté gazière. Sauf que ces deux pays ont construit leurs champions nationaux en coopérant avec les majors pendant des décennies, non en les chassant dès le début. La Norvège a développé Statoil (Equinor) en partenariat avec les grandes compagnies, avant de gagner en autonomie réelle. L’Arabie saoudite a bâti Saudi Aramco avec l’expertise de Chevron, Exxon et d’autres, sur un demi‑siècle, avant de la transformer en géant mondial.

Dans les deux cas, la souveraineté n’est pas venue d’un coup de trompette politique, mais d’une montée en compétence, pas d’un coup de marketing. Nul ne peut sérieusement imaginer que Petrosen, à son stade actuel, puisse reproduire ce parcours en 5 ans, sans partenaire, sans financement solide, sans expérience offshore.

Ce que l’on voit, ce n’est pas une souveraineté conquise, mais un discours de souveraineté utilisé pour camoufler une faiblesse industrielle et une fragilité financière. Le retrait de l’opérateur, les cérémonies de « reprise de contrôle », la mobilisation de l’épargne des ménages : tout cela ressemble davantage à un détour rhétorique qu’à un plan industriel clair.

𝐃𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐩𝐨𝐬𝐞́𝐞𝐬
Le scénario autour de Yakaar‑Teranga exige des questions simples, mais rarement développées :

Si le projet est une « 𝐯𝐢𝐜𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 », pourquoi le départ de Kosmos ne s’est-il pas accompagné d’un 𝙩𝙧𝙖𝙣𝙨𝙛𝙚𝙧𝙩 𝙘𝙤𝙣𝙘𝙧𝙚𝙩 𝙙’𝙞𝙣𝙛𝙧𝙖𝙨𝙩𝙧𝙪𝙘𝙩𝙪𝙧𝙚𝙨, 𝙙’𝙚́𝙦𝙪𝙞𝙥𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩𝙨, 𝙙𝙚 𝙩𝙚𝙘𝙝𝙣𝙤𝙡𝙤𝙜𝙞𝙚, 𝙘𝙤𝙢𝙢𝙚 𝙘𝙚𝙡𝙖 𝙨𝙚 𝙛𝙖𝙞𝙩 𝙙𝙖𝙣𝙨 𝙙’𝙖𝙪𝙩𝙧𝙚𝙨 𝙥𝙧𝙤𝙟𝙚𝙩𝙨 𝙙𝙚 𝙩𝙧𝙖𝙣𝙨𝙞𝙩𝙞𝙤𝙣 ?

𝐏𝐞𝐭𝐫𝐨𝐬𝐞𝐧 𝐚‑𝐭‑𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐣𝐚̀ 𝐦𝐞𝐧𝐞́ 𝐮𝐧 𝐬𝐞𝐮𝐥 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐦𝐩 𝐠𝐚𝐳𝐢𝐞𝐫 𝐨𝐟𝐟𝐬𝐡𝐨𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐛𝐨𝐮𝐭 𝐞𝐧 𝐛𝐨𝐮𝐭, 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐢𝐫 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐜𝐫𝐞́𝐝𝐢𝐛𝐥𝐞 ?

Si la baisse des prix de l’électricité est imminente, pourquoi le calendrier reste‑t‑il imprécis, alors que les documents officiels parlent de production entre fin 2028 et début 2029, avec une décision d’investissement envisagée pour 2026 ?

Pourquoi un projet de « souveraineté énergétique » doit‑il être financé en grande partie par l’épargne des ménages sénégalais, alors que le FMI et d’autres institutions rappellent l’impératif de discipline budgétaire ?

Ces questions ne sont pas « 𝙖𝙣𝙩𝙞𝙨𝙤𝙪𝙫𝙚𝙧𝙖𝙞𝙣𝙚𝙨 » : elles sont simplement réalistes. Chaque mois qui passe sans que le premier gaz de Yakaar‑Teranga coule, c’est 𝙪𝙣𝙚 𝙖𝙣𝙣𝙚́𝙚 𝙙𝙚 𝙥𝙡𝙪𝙨 𝙤𝙪̀ 𝙡’𝙚́𝙡𝙚𝙘𝙩𝙧𝙞𝙘𝙞𝙩𝙚́ 𝙧𝙚𝙨𝙩𝙚 𝙘𝙝𝙚̀𝙧𝙚, et où les ménages paient des factures gonflées par des subventions, des risques techniques, des retards de décisions.

𝐋𝐞 𝐝𝐞́𝐭𝐨𝐮𝐫 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐠𝐚𝐳
𝙇𝙚 𝙙𝙖𝙣𝙜𝙚𝙧 𝙥𝙧𝙞𝙣𝙘𝙞𝙥𝙖𝙡, 𝙖𝙫𝙚𝙘 𝙔𝙖𝙠𝙖𝙖𝙧‑𝙏𝙚𝙧𝙖𝙣𝙜𝙖, 𝙣’𝙚𝙨𝙩 𝙥𝙖𝙨 𝙨𝙚𝙪𝙡𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙘𝙚𝙡𝙪𝙞 𝙙’𝙪𝙣 𝙚́𝙘𝙝𝙚𝙘 𝙩𝙚𝙘𝙝𝙣𝙞𝙦𝙪𝙚 𝙤𝙪 𝙛𝙞𝙣𝙖𝙣𝙘𝙞𝙚𝙧 : 𝙘’𝙚𝙨𝙩 𝙘𝙚𝙡𝙪𝙞 𝙙’𝙪𝙣 𝙙𝙚́𝙩𝙤𝙪𝙧𝙣𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙙𝙚 𝙡’𝙖𝙩𝙩𝙚𝙣𝙩𝙞𝙤𝙣.

On parle de gaz, mais on oublie de réformer les réseaux, de lutter contre les pertes techniques et commerciales, de clarifier les subventions, de penser une vraie stratégie de mix énergétique où le solaire, l’éolien, le gaz et les réseaux modernes cohabitent. On exhibe des chiffres de 32 TCF, on parle « d’autonomie pour 23 ans », mais on ne dit pas assez combien d’années de retard, de bilans déficitaires et de promesses non tenues coûteront ces 23 ans‑là.

𝙇𝙚 𝙜𝙖𝙯 𝙥𝙚𝙪𝙩 𝙘𝙝𝙖𝙣𝙜𝙚𝙧 𝙡𝙖 𝙙𝙤𝙣𝙣𝙚, 𝙘𝙚𝙧𝙩𝙚𝙨. 𝙈𝙖𝙞𝙨 𝙞𝙡 𝙣𝙚 𝙧𝙚𝙢𝙥𝙡𝙖𝙘𝙚𝙧𝙖 𝙥𝙖𝙨 𝙡𝙖 𝙩𝙧𝙖𝙣𝙨𝙥𝙖𝙧𝙚𝙣𝙘𝙚, 𝙡𝙖 𝙘𝙤𝙢𝙥𝙚́𝙩𝙚𝙣𝙘𝙚, 𝙡𝙖 𝙨𝙞𝙣𝙘𝙚́𝙧𝙞𝙩𝙚́ 𝙗𝙪𝙙𝙜𝙚́𝙩𝙖𝙞𝙧𝙚. 𝙋𝙖𝙨 𝙩𝙖𝙣𝙩 𝙦𝙪’𝙤𝙣 𝙘𝙤𝙣𝙩𝙞𝙣𝙪𝙚𝙧𝙖 𝙖̀ 𝙫𝙚𝙣𝙙𝙧𝙚 𝙡’𝙚𝙛𝙛𝙚𝙩 « 100 000 𝙦𝙪𝙞 𝙙𝙚𝙫𝙞𝙚𝙣𝙙𝙧𝙤𝙣𝙩 50 000 » 𝙨𝙖𝙣𝙨 𝙟𝙖𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙙𝙞𝙧𝙚 :

𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 ?

𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 ?

𝐀̀ 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐩𝐫𝐢𝐱, 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐪𝐮𝐢, 𝐞𝐭 𝐚̀ 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐬𝐚𝐜𝐫𝐢𝐟𝐢𝐜𝐞 ?
Sonou naniou si Yakaar you tass yi

La vraie facture, elle, arrive déjà
La vraie facture, elle n’est pas dans les communiqués triomphants de Petrosen ou de ce gouvernement. Elle est déjà là, imprimée sur les factures d’électricité, sur les coupures à venir, sur les ménages qui jonglent entre essence, gaz domestique, transport, loyer ou de se nourrir dignement.

Yakaar‑Teranga peut être un projet pertinent, à condition qu’on le traite comme un vrai défi industriel, pas 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐮𝐧 𝐬𝐥𝐨𝐠𝐚𝐧 𝐞́𝐥𝐞𝐜𝐭𝐨𝐫𝐚𝐥 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝟐𝟎𝟐𝟗 ou une bataille d’affiche contre les majors.

Ce peuple est certes composé à majorité de jeunes à qui on peut vendre plus facilement le 𝐘𝐚𝐤𝐚𝐚𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞́. Mais il se rendra compte assez rapidement que la souveraineté qui ne se traduit pas, en réductions de prix, en stabilité de l’électricité et en réformes claires, n’est pas une souveraineté, mais un décor de théâtre.
Da niou len yoni té Yakamti len pour un changement radical de notre quotidien.

Et la pauvreté, la faim, les maladies, elles, n’ont pas de patience.
Laissez- nous avec nos guides de toujours, Cheikh Oumar Foutiyou Tall, Serigne Touba Cheikhoul Khadim, El Hadj Abdallah Niass, EL Hadj Malick Sy, Mawlana Cheikh Ibrahima Niass, Saîd Insa Rouhoulahi Baye Cheikh Mamour Insa….
Et prenez à corps les problèmes des Sénégalais. 2026 – 2̶0̶2̶9̶

Tahirou Cissé