REPLIQUE DE MAMADOU DJIGO À ABDOURAHMANE DIOUF : « Le projet de valorisation du Niokolo-Koba existait déjà »

Le débat autour de l’avenir du Parc national du Niokolo-Koba continue d’alimenter les échanges dans l’espace public. Dans une réponse adressée au ministre Abdourahmane Diouf, Mamadou Djigo a tenu à rappeler que le président Macky Sall portait déjà une vision ambitieuse de transformation du parc en un véritable levier de développement territorial, touristique et économique. Voici la lettre.

RÉPONSE de Mamadou DJIGO À ABDOURAHMANE DIOUF 
M. LE MINISTRE, POUR LE PARC NATIONAL DU NIOKOLO-KOBA, LE PRÉSIDENT Macky SALL AVAIT UNE VISION VISANT À LE HISSER AU NIVEAU DES PLUS GRANDS PARCS AFRICAINS

Le PAVART visait une valorisation du Parc national du Niokolo-Koba à la hauteur des grandes références africaines comme le Parc national Kruger, le Parc national du Serengeti et la Réserve nationale du Masai Mara. 
L’objectif était de transformer le Niokolo-Koba en véritable moteur de développement territorial et touristique, capable de tirer profit de la proximité des grands marchés occidentaux, notamment l’Europe et les États-Unis, afin d’attirer plus de 200 000 visiteurs par an, de générer plus de 50 milliards FCFA de recettes annuelles et de créer plus de 300 000 emplois directs et indirects.
En s’appuyant sur les travaux du PNADT, le projet reposait sur une logique systémique articulée autour de trois métropoles d’équilibre connectées au parc : Tambacounda avec son aéroport, son futur port sec et sa fonction de carrefour stratégique ; Kédougou avec son aéroport, son potentiel minier (or, fer…), les Chutes de Dindéfélo et le Hôpital Amath Dansokho ; ainsi que Kolda avec son aéroport et des événements religieux majeurs comme le Daaka de Médina Gounass.
Le développement des lodges, hôtels et infrastructures touristiques devait également reposer sur une répartition intelligente entre ces trois métropoles, afin de créer un véritable écosystème touristique régional et éviter une concentration excessive autour du seul parc.
Pour faire du Niokolo-Koba un concurrent crédible du Parc national du Serengeti, une stratégie d’aménagement extrêmement ambitieuse était envisagée : valorisation et aménagement du Fleuve Gambie, construction d’un hôpital vétérinaire pour la faune sauvage, création d’un centre de reproduction animale, renforcement de la biodiversité et réintroduction progressive de certaines espèces emblématiques, notamment les éléphants.
L’ambition était de passer d’un simple site touristique à un véritable système territorial intégré, connecté aux autres pôles et corridors attractifs du Sénégal, afin de faire du tourisme, des infrastructures, de la culture, de l’environnement et des ressources territoriales un puissant levier de création de richesse, d’emplois et d’aménagement équilibré du territoire national.
Vos propos sur la TFM affirmant que vous êtes venu avec une vision faisant passer le Parc national du Niokolo-Koba d’une logique de conservation à une logique de production ne correspondent pas à la réalité.
Vos collaborateurs, notamment ceux du parc, ainsi que les autorités administratives des territoires concernés, vous ont certainement informé que M. DJIGO s’était rendu à plusieurs reprises sur le terrain dans le cadre de concertations et de travaux portant sur le développement territorial du Niokolo-Koba.
Cette vision stratégique existait déjà à travers le PAVART et les réflexions menées autour du PNADT. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un projet né aujourd’hui, mais d’une dynamique et d’une ambition que vous avez trouvées sur place.