LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION (CNULCD) : Les pays francophones d’Afrique réunis à Dakar pour renforcer leurs stratégies

Sous la présidence du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr El Hadj Abdourahmane Diouf, le Sénégal a lancé ce lundi à Dakar l’atelier régional consacré à l’établissement des rapports nationaux 2026 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) pour les pays francophones d’Afrique. Une rencontre de haute portée diplomatique et environnementale qui réunit pendant plusieurs jours des représentants d’une vingtaine de pays, des experts, ainsi que des partenaires techniques et financiers internationaux.
Cet atelier vise à renforcer les capacités des États africains francophones en matière de reporting environnemental, de suivi des engagements internationaux et d’harmonisation des positions africaines dans les négociations climatiques mondiales.

Le ministre sénégalais de l’Environnement a dressé un constat alarmant de la situation écologique dans la région sahélienne. Dégradation des terres, avancée du désert, sécheresses répétitives, perte de biodiversité et insécurité alimentaire figurent parmi les défis majeurs auxquels sont confrontés les États africains.
« La région sahélienne subit de plein fouet les conséquences conjuguées des dérèglements climatiques, de la dégradation des écosystèmes et des pressions socioéconomiques », a déclaré Dr El Hadj Abdourahmane Diouf.
Pour le ministre, la lutte contre la désertification doit désormais être placée « au cœur des politiques publiques » et intégrée dans les stratégies nationales de développement agricole, forestier et rural. Il a également salué l’engagement du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, ainsi que du gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, dans la promotion d’une diplomatie environnementale active.

L’atelier régional s’inscrit dans le processus de préparation des rapports nationaux 2026 de la CNULCD, documents stratégiques permettant aux États de mesurer les progrès réalisés dans la lutte contre la dégradation des terres et la sécheresse.
Ces rapports doivent notamment permettre d’évaluer les avancées dans la lutte contre la désertification ; d’assurer le suivi des engagements liés à la Neutralité en matière de Dégradation des Terres (NDT) ; de contribuer à l’atteinte des Objectifs de développement durable, en particulier la cible 15.3 relative à la restauration des terres dégradées.

Selon le ministre, la qualité des données, la maîtrise des outils techniques et le partage des connaissances sont devenus des leviers indispensables pour améliorer la gouvernance environnementale sur le continent.
« Cette rencontre marque le point de départ d’une dynamique de collaboration renforcée entre les équipes nationales de reporting, les centres régionaux spécialisés et les partenaires techniques », a-t-il souligné.
Cette rencontre revêt une dimension diplomatique importante pour le Sénégal. Dans un échange avec la presse, Dr El Hadj Abdourahmane Diouf a insisté sur la nécessité pour les pays africains d’adopter des positions communes lors des grandes négociations internationales sur le climat et la transition écologique.
« Les pays qui défendent des positions individuelles n’ont pratiquement aucune chance de faire émerger leur position », a-t-il affirmé.
Le ministre a également mis en avant le rôle du Sénégal comme plateforme de dialogue international sur les questions environnementales. « Devenir pendant une semaine la capitale de la francophonie sur la lutte contre la sécheresse et la désertification, c’est une aubaine pour le Sénégal », a-t-il déclaré.
Il a rappelé la participation active du Sénégal lors des dernières conférences climatiques internationales, notamment à Belém au Brésil, et annoncé la préparation des prochaines échéances diplomatiques liées à la transition écologique.

Le ministre a aussi défendu le principe d’une transition énergétique adaptée aux réalités africaines. Selon lui, les pays du continent, historiquement peu responsables des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ne peuvent être soumis aux mêmes exigences que les grandes puissances industrielles.
« Nous ne sommes pas les principaux pollueurs, et pourtant nous payons les dégâts », a-t-il rappelé.
Prenant l’exemple du Sénégal récemment entré dans le cercle des pays producteurs de pétrole et de gaz, Dr Abdourahmane Diouf a plaidé pour une transition progressive permettant aux États africains d’utiliser leurs ressources fossiles comme levier de développement avant de basculer vers les énergies renouvelables.
« Oui pour la transition vers le renouvelable, mais oui aussi pour un traitement différencié qui nous permette d’asseoir les bases du développement », a-t-il soutenu.
Le ministre de l’Environnement a enfin salué l’appui du Fonds pour l’Environnement mondial (FEM), du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), de l’Observatoire du Sahara et du Sahel ainsi que des différents partenaires mobilisés autour de cet atelier régional.
Il a exhorté les États africains, les institutions internationales et les acteurs scientifiques à renforcer leur coopération face à des défis environnementaux devenus existentiels pour le continent.
« Nous devons trouver un équilibre entre les besoins des générations actuelles et l’héritage que nous laisserons aux générations futures », a-t-il conclu.

PMF