Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique et ses partenaires du système des Nations Unies ont lancé à Dakar un atelier national consacré aux emplois verts des jeunes. Pendant trois jours, les participants examineront les opportunités offertes par l’économie verte et les stratégies à mettre en œuvre pour renforcer l’employabilité des jeunes dans les secteurs porteurs de la transition écologique. Cette rencontre a pour objectif de faire de la transition écologique un moteur de création d’emplois décents et de croissance durable.
À noter la consécration de la validation d’une étude nationale sur le potentiel de création d’emplois verts au Sénégal. Réalisée par l’Institut des politiques publiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, en collaboration avec l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), cette étude s’appuie sur un modèle d’évaluation développé par l’OIT. Elle met en évidence les secteurs les plus porteurs, estime les emplois pouvant être générés grâce aux investissements verts et analyse leurs retombées sur l’économie nationale, le produit intérieur brut ainsi que sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Prenant la parole au nom des trois agences des Nations Unies impliquées dans le projet, Mme Seynabou Diouf a expliqué que cette initiative résulte de la complémentarité entre le PNUE, agence chef de file, l’OIT, chargée de la mise en œuvre et de l’assistance technique, et l’UNICEF, qui intervient sur le développement des compétences. Selon elle, cette collaboration vise à doter les pouvoirs publics d’outils d’aide à la décision fondés sur des données fiables afin de mieux orienter les politiques nationales en faveur des emplois verts pour les jeunes.
Elle a précisé que les recommandations issues de cette étude permettront d’identifier les compétences à développer, les investissements prioritaires ainsi que les mesures à mettre en œuvre pour exploiter pleinement le potentiel des filières vertes. Une table ronde réunissant les différentes parties prenantes, notamment les jeunes, sera organisée afin de construire collectivement des solutions adaptées aux besoins du terrain.
Pour le représentant du Conseil national de la jeunesse du Sénégal, Abdourahmane Cissé, cette initiative intervient à un moment où la transition écologique représente un enjeu majeur pour le pays. Il a insisté sur le fait que les emplois verts ne doivent plus être perçus comme des solutions de repli, mais comme de véritables métiers d’avenir, créateurs de richesse et de valeur ajoutée.
Il a également appelé à changer le regard porté sur les métiers agricoles et les autres professions liées à l’économie verte, estimant que les stéréotypes hérités de plusieurs générations continuent de décourager de nombreux jeunes. Fort de son implantation dans les 557 communes du Sénégal, le Conseil national de la jeunesse entend accompagner cette dynamique en identifiant des jeunes déjà engagés dans ces secteurs afin qu’ils deviennent des modèles capables d’inspirer leurs pairs.
La directrice du Changement climatique, de la Transition écologique et des Financements verts, Mme Madeleine Dioussa, a, pour sa part, rappelé que cette initiative s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de transition écologique actuellement élaborée par le Sénégal. Elle a salué l’appui constant du système des Nations Unies, qui permettra, selon elle, de passer des orientations stratégiques à une mise en œuvre effective de la politique nationale des emplois verts.
« De nouvelles opportunités s’offrent à la jeunesse sénégalaise. Il nous appartient désormais de les faire connaître, de renforcer les compétences des jeunes et de mobiliser les mécanismes de financement vert afin de rendre cette transition pleinement opérationnelle », a-t-elle déclaré.
Au cours des trois jours de travaux, les participants prendront part à des formations, des ateliers techniques et des échanges sur les filières prioritaires. L’objectif est de préparer les jeunes aux métiers liés à l’agriculture résiliente, à l’économie circulaire, aux énergies renouvelables et à d’autres secteurs appelés à jouer un rôle déterminant dans la construction d’une économie sobre en carbone et résiliente face aux changements climatiques.