DEGUERPISSEMENT À TIVAOUNE PEULH : Les victimes dénoncent un « deux poids, deux mesures » de la DGPU

Un nouveau rebondissement vient relancer la polémique autour du projet de la « Ville verte » à Tivaouane Peulh. Les personnes menacées de déguerpissement accusent désormais la Direction générale de la Planification et des Politiques urbaines (DGPU) d’appliquer un traitement sélectif dans l’exécution du projet.

Selon les victimes, une question demeure sans réponse : pourquoi certaines personnes, notamment un dénommé Momar Sokhna Diop, auraient-elles été autorisées à rester sur les lieux, tandis que d’autres sont sommées de quitter leurs terrains et leurs investissements ? Une interrogation qui alimente un profond sentiment d’injustice parmi les occupants concernés.

Parmi eux figure le parc animalier Le Mbossé, situé au Lac Rose. Sa promotrice affirme avoir investi plus de 700 millions de francs CFA dans ce projet de préservation de la biodiversité. Elle explique avoir obtenu, dès 2015, les autorisations administratives ainsi que les agréments nécessaires pour l’importation et l’exportation d’animaux. Toutefois, malgré plusieurs années de démarches, elle n’aurait jamais réussi à obtenir un titre de bail.

À sa grande surprise, affirme-t-elle, une société égyptienne, ORASCOM, aurait obtenu un titre foncier sur le même site, avec les signatures des autorités locales compétentes. Une situation qu’elle qualifie de « forfaiture » et qui pourrait entraîner la disparition d’un investissement sénégalais au profit d’un vaste programme immobilier prévoyant la construction de 18 000 logements.

Au-delà du cas du Mbossé, plusieurs entrepreneurs sénégalais estiment que cette affaire illustre les difficultés rencontrées par les investisseurs nationaux face à de grands groupes étrangers. Ils regrettent un manque d’accompagnement des autorités publiques, alors que nombre d’entre eux ont contracté d’importants emprunts auprès des banques pour financer leurs projets.

Les personnes concernées interpellent directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin qu’il fasse toute la lumière sur ce dossier et garantisse une égalité de traitement entre les différents occupants de la zone.

Dans leur dénonciation, elles mettent également en cause la DGPU, dirigée par Bara Diouf, ainsi que le maire de Tivaouane Peulh-Niaga, qu’elles accusent de n’avoir fourni aucune explication convaincante sur les critères ayant conduit à épargner certains occupants, tout en ordonnant le déguerpissement d’autres.

Pour les victimes, ce nouveau rebondissement soulève une question essentielle : sur quelle base la DGPU décide-t-elle de maintenir certains occupants, dont Momar Sokhna Diop, tout en exigeant le départ d’autres investisseurs sénégalais ? Elles réclament une enquête transparente et des réponses des autorités, estimant que l’équité doit prévaloir dans la mise en œuvre du projet de la Ville verte.