SENELEC : Le bras de fer s’installe autour de la prime des travailleurs

La tension monte au sein de la société nationale d’électricité. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 8 juillet 2026, la Convergence Syndicale des Travailleurs de Senelec (CSTS) dénonce toute tentative de remise en cause de la Prime sur le Résultat Annuel Bénéficiaire (PRAB), qu’elle considère comme un acquis social non négociable. Le collectif syndical avertit que toute suppression ou suspension de cette prime entraînera une riposte proportionnelle à la gravité des décisions prises.

Sous le slogan « AT-TENSION 2026 KILOVOLTS : Qui s’y frotte, s’y pique !!! », la CSTS rappelle que les travailleurs ont largement contribué aux performances historiques enregistrées par Senelec, malgré un contexte marqué par d’importantes contraintes techniques, financières et opérationnelles.

Selon le syndicat, la PRAB est versée depuis plusieurs années sur un critère unique : l’existence d’un résultat bénéficiaire certifié par les commissaires aux comptes et approuvé par le Conseil d’administration. Il rejette ainsi toute tentative de conditionner son paiement à des ratios d’endettement, de solvabilité ou à d’autres critères financiers, estimant qu’il s’agit d’une interprétation opportuniste contraire aux usages reconnus par le droit social.

La CSTS soutient par ailleurs que les difficultés financières de Senelec ne peuvent être imputées aux travailleurs. Elle rappelle que l’État du Sénégal doit à l’entreprise plus de 182 milliards de FCFA au titre des consommations d’électricité des administrations publiques, auxquels s’ajoutent 391 milliards de FCFA de compensations tarifaires impayées. Le syndicat évoque également près de 9 milliards de FCFA de créances sur les concessionnaires de l’électrification rurale, environ 60 milliards de FCFA liés aux exportations d’électricité, ainsi qu’une charge supplémentaire de 18 milliards de FCFA supportée par Senelec après la baisse des tarifs de l’électricité décidée en 2025.

Face à cette situation, la CSTS exige le paiement immédiat et intégral de la PRAB, le respect des droits acquis des travailleurs ainsi que le règlement, par l’État, des créances dues à Senelec afin de préserver l’équilibre financier de l’entreprise.

Le syndicat a également dévoilé un plan d’action. Il prévoit la publication de cette déclaration le 9 juillet, le port de brassards rouges sur l’ensemble du territoire le 13 juillet dès 7h30, suivi d’une conférence de presse à 11 heures à Keur Gorgui. Une assemblée générale est ensuite programmée le 14 juillet au siège de Senelec, où les secrétaires généraux de la CSTS devraient annoncer les prochaines consignes.

Tout en réaffirmant sa disponibilité pour un dialogue social, la Convergence Syndicale des Travailleurs de Senelec prévient qu’elle ne tolérera aucune remise en cause des acquis sociaux et appelle l’ensemble des travailleurs à rester mobilisés, solidaires et déterminés pour défendre leurs droits.