La scène était hautement symbolique. Ce vendredi 17 juillet 2026, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu au Palais son prédécesseur, Macky Sall, dans le cadre de la campagne menée par l’ancien chef de l’État pour le poste de Secrétaire général des Nations unies.
Mais au-delà du caractère institutionnel de cette audience, la rencontre a provoqué une onde de choc au sein d’une partie de l’opinion publique sénégalaise. Pour les victimes et les familles qui réclament justice à la suite des événements douloureux survenus sous le régime de Macky Sall, cette image des deux hommes réunis apparaît comme un symbole difficile à accepter. Elles considèrent que le pouvoir issu de l’alternance de 2024, porté par une promesse de rupture et de reddition des comptes, semble aujourd’hui ouvrir une nouvelle page avec l’ancien régime.
Chez les partisans d’Ousmane Sonko et certains militants de Pastef, cette séquence est perçue comme une profonde désillusion. Beaucoup s’interrogent sur la place désormais accordée à l’ancien président, alors que le discours de rupture avait largement contribué à la mobilisation populaire ayant porté Bassirou Diomaye Faye au pouvoir.
Cette audience relance également les spéculations sur l’avenir des relations entre le camp présidentiel et l’Alliance pour la République (APR). Certains observateurs y voient les prémices d’un rapprochement politique, voire d’une recomposition du paysage politique sénégalais. Pour l’heure, aucune alliance officielle n’a toutefois été annoncée.
De son côté, Macky Sall semble tirer un avantage politique important de cette séquence. Après plusieurs mois d’absence du Sénégal, son retour sous les projecteurs, son accueil par une partie de ses soutiens et son passage au Palais contribuent à renforcer son image sur les scènes nationale et internationale. Sa candidature au poste de Secrétaire général de l’ONU lui offre également une nouvelle visibilité diplomatique.
Pour Bassirou Diomaye Faye, cette rencontre constitue un exercice d’équilibre entre les exigences de la fonction présidentielle, qui impose une certaine hauteur républicaine, et les attentes d’une base militante attachée aux promesses de justice et de rupture.
Au Sénégal, l’image des deux présidents réunis au Palais restera sans doute comme l’une des séquences politiques majeures de l’année 2026. Entre réconciliation institutionnelle, calculs politiques et frustrations militantes, le débat ne fait que commencer.