Les prises de parole répétées du ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, commencent à susciter des réactions dans l’espace public. Pour certains observateurs, le ton adopté par le membre fondateur de Kiiraay – Les Patriotes républicains tranche avec la tradition de réserve généralement associée à la « Grande muette ».
Cette multiplication des sorties médiatiques alimente désormais le débat. Des voix s’élèvent pour rappeler que la communication d’un ministre chargé des questions de défense et de sécurité doit rester encadrée par les exigences de neutralité et de responsabilité républicaine.
La dernière réaction en date est venue de Waly Diouf Bodiang, ancien directeur général du Port autonome de Dakar et responsable de Pastef. Dans une publication sur sa page Facebook, il a vivement critiqué une déclaration attribuée au ministre Yankhoba Diémé : « On a l’avantage d’avoir les renseignements généraux ».
Pour Waly Diouf Bodiang, un ministre des Forces armées ne devrait pas tenir de tels propos dans une République. Selon lui, cette déclaration pourrait laisser entendre une possible instrumentalisation ou une utilisation politique des structures chargées du renseignement au sein de la police et des forces de défense.
« Politique diaroul li, té 2029 c’est déjà demain », a-t-il écrit en wolof, appelant ainsi à davantage de retenue dans les prises de position politiques.
Cette polémique intervient dans un contexte où les responsables politiques commencent déjà à se projeter vers les prochaines échéances électorales. Les déclarations du ministre des Forces armées, considéré comme une figure importante du nouveau paysage politique, relancent ainsi le débat sur la frontière entre communication gouvernementale et engagement partisan.
Alors que la fonction militaire impose traditionnellement une certaine discrétion, la place du discours politique des responsables issus des appareils gouvernementaux continue d’alimenter les discussions au sein de l’opinion publique.