L’intersyndicale SAS-SAMES de la Sénégalaise de pharmacie nationale d’approvisionnement (SEN-PNA) tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué de presse, les représentants des travailleurs dénoncent une dégradation inquiétante de la situation financière et organisationnelle de l’entreprise publique, estimant que sa survie est aujourd’hui essentielle pour garantir la souveraineté sanitaire du Sénégal.
Selon l’intersyndicale, la principale menace réside dans l’accumulation de créances que l’État doit à la SEN-PNA au titre de plusieurs programmes nationaux de santé. Le montant total des impayés est évalué à 28,364 milliards de francs CFA, une situation qui fragilise durablement les capacités financières de l’établissement chargé d’assurer l’approvisionnement du pays en médicaments et produits de santé.
Les syndicalistes expliquent que plusieurs programmes de santé souffrent d’un financement insuffisant. Les crédits budgétaires alloués ne couvriraient pas les besoins réels, obligeant ainsi la SEN-PNA à supporter une charge financière de plus en plus lourde pour maintenir la continuité du service public.
À cette situation s’ajoutent, selon eux, les retards récurrents dans le remboursement des sommes dues par l’État. Le programme de dialyse est particulièrement cité comme la principale source de tension financière. Cette accumulation d’impayés réduit considérablement la capacité de l’entreprise à renouveler ses stocks, à honorer ses engagements contractuels et à investir dans l’amélioration de ses performances.
L’intersyndicale alerte également sur l’explosion des dettes envers les fournisseurs. Face aux retards de paiement, plusieurs partenaires commerciaux adopteraient désormais une position de fermeté, certains allant jusqu’à suspendre leurs livraisons. Une telle situation, préviennent les responsables syndicaux, pourrait entraîner des ruptures de stocks de médicaments et compromettre l’accès des populations aux produits de santé essentiels.
Au-delà des difficultés financières, les travailleurs dénoncent des pratiques de recrutement qu’ils jugent insuffisamment transparentes. Ils estiment que plusieurs recrutements effectués en dehors des besoins réels de l’entreprise ont contribué à alourdir la masse salariale et à accentuer les déséquilibres budgétaires. Ils plaident pour une politique de gestion des ressources humaines fondée sur la compétence, le mérite et la transparence.
Face à cette crise, l’intersyndicale formule plusieurs recommandations. Elle demande notamment l’apurement rapide des créances dues à la SEN-PNA, la mise en place d’un mécanisme pérenne de financement des programmes nationaux de santé, la préservation de la viabilité économique de l’entreprise ainsi que l’exécution directe, au profit de la SEN-PNA, des crédits destinés au programme national de dialyse. Les syndicats réclament également la réintégration des travailleurs de la SR-PRA de Dakar qu’ils estiment avoir été affectés dans des conditions injustifiées, ainsi que l’ouverture d’un cadre de concertation sur cette question.
Dans leur déclaration, les responsables syndicaux lancent un appel aux autorités publiques, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’à l’opinion nationale afin qu’un soutien urgent soit apporté à cette institution stratégique. Ils réaffirment leur disponibilité à participer à toute concertation susceptible de trouver des solutions durables, tout en avertissant qu’ils ne peuvent rester silencieux face à une situation qui menace directement la continuité de l’approvisionnement du pays en médicaments.
Pour l’intersyndicale, « sauver la SEN-PNA, c’est préserver la souveraineté sanitaire du Sénégal, garantir le droit à la santé des populations et protéger un outil stratégique au service de la nation ».