Le ministre des Infrastructures, Dethie Fall, parrain de la promotion 2026 de l’École polytechnique de Thiès (EPT), a invité les nouveaux ingénieurs à faire de la rigueur, de l’intégrité, de la responsabilité et du sens de l’intérêt général les piliers de leur carrière. C’était samedi 8 août 2026, à l’occasion de la cérémonie de fin de formation des ingénieurs et diplômés de l’établissement.
Vingt-cinq ans après avoir lui-même quitté les bancs de l’École polytechnique de Thiès, Dethie Fall est revenu sur cette même estrade, cette fois en qualité de parrain de la promotion 2026. Un moment qu’il a décrit comme un « insigne honneur » et un « rare privilège ».
S’adressant aux nouveaux diplômés, le ministre des Infrastructures a rappelé que le diplôme ne constitue pas une finalité, mais plutôt le début d’une nouvelle étape. Il les a appelés à faire vivre, dans leur parcours professionnel, les valeurs acquises durant leur formation à l’EPT.
« Le diplôme que vous tenez n’est pas une fin, il est juste un commencement »
Pour Dethie Fall, être ingénieur polytechnicien dépasse largement la détention d’un titre académique. C’est, selon lui, adopter un état d’esprit fondé sur « la rigueur, la performance, le pragmatisme et le résultat ».
Dans le domaine des infrastructures, il a souligné l’importance de cette exigence face aux nombreux défis auxquels sont confrontés le Sénégal et le continent africain. Construction de ponts résilients au changement climatique, modernisation des réseaux routiers et ferroviaires, villes intelligentes, souveraineté énergétique et numérique : autant de secteurs dans lesquels les compétences des ingénieurs sont appelées à jouer un rôle déterminant.
Le ministre a particulièrement insisté sur une doctrine qu’il considère comme fondamentale dans la conduite des projets : le triptyque coût-délai-qualité.
Selon lui, l’optimisation des ressources publiques et privées doit aller de pair avec le respect des échéances et l’exigence de qualité. « Un chantier qui prend du retard, c’est une école ou un centre de santé qui n’ouvre pas, une route qui ne désenclave pas un territoire, une économie qui patiente », a-t-il fait valoir.
L’éthique au cœur du métier d’ingénieur
Au-delà des compétences techniques, Dethie Fall a consacré une partie importante de son discours à la déontologie et à l’éthique professionnelle.
Il a appelé les nouveaux ingénieurs à faire preuve d’honnêteté intellectuelle et technique, en refusant notamment de certifier ou de valider des éléments qu’ils n’ont pas préalablement vérifiés.
La confidentialité, la loyauté, l’indépendance de jugement et le respect du secret professionnel figurent également parmi les principes qu’il leur a demandé de préserver.
Le parrain de la promotion 2026 a surtout lancé un avertissement ferme contre la corruption. Pour lui, « un ingénieur corrompu est un danger public », car ses décisions peuvent directement engager la sécurité des populations, des investissements et des infrastructures.
Il a également appelé les futurs cadres à intégrer la dimension environnementale dans leurs décisions et à concevoir des ouvrages en tenant compte des générations futures.
« Derrière chaque réalisation, il y aura une signature »
Dethie Fall a par ailleurs insisté sur la responsabilité qui accompagne l’exercice du métier d’ingénieur.
Pont, barrage, immeuble, réseau routier, système informatique ou infrastructure aéronautique : chaque réalisation implique, selon lui, une responsabilité civile, pénale et morale.
« Assumer sa responsabilité, c’est refuser la culture de l’excuse et de l’esquive », a-t-il martelé, invitant les diplômés à avoir le courage d’assumer leurs choix professionnels lorsqu’ils sont guidés par la science, la conscience et l’intérêt supérieur de la nation.
Il les a également encouragés à cultiver l’innovation et la capacité d’adaptation face aux transformations technologiques et environnementales, notamment avec le développement de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables et des infrastructures résilientes.
Les ingénieurs appelés à accompagner le Sénégal 2050
Dans un contexte marqué par d’importants besoins en infrastructures, le ministre a estimé que le Sénégal avait plus que jamais besoin d’ingénieurs compétents, engagés et intègres.
Il a ainsi appelé les nouveaux diplômés à sortir d’une logique de carrière exclusivement administrative et à s’investir dans les réalités du terrain.
« Notre pays est en chantier », a-t-il déclaré, évoquant notamment les projets routiers et autoroutiers, les pistes de désenclavement, les programmes industriels, le New Deal technologique ainsi que la réhabilitation et la reconstruction des aéroports du Sénégal.
Pour Dethie Fall, les enjeux liés à la mobilité, à l’équité territoriale, à l’industrialisation et à la modernisation des infrastructures constituent autant d’opportunités pour cette nouvelle génération d’ingénieurs de contribuer à la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050.
Il a également rappelé les propos tenus par le président Bassirou Diomaye Faye lors du lancement, le 17 juillet 2025, des concertations nationales sur l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, sur la nécessité de mieux adapter les formations aux besoins du développement national.
Trois engagements pour la promotion 2026
En conclusion, le parrain de la promotion 2026 a demandé aux nouveaux ingénieurs de prendre plusieurs engagements : servir avec compétence, servir avec intégrité, servir avec conscience et servir avec humilité.
Il les a notamment exhortés à continuer à apprendre, à refuser toute compromission, à garder à l’esprit que derrière chaque ouvrage se trouvent des femmes, des hommes et des familles, mais aussi à rester ouverts aux conseils et à l’expérience de leurs collaborateurs.
« On est certes polytechnicien mais pas omniscient », a-t-il lancé, appelant ainsi les jeunes ingénieurs à conjuguer excellence technique et humilité professionnelle.
Dethie Fall a enfin souhaité que la promotion 2026 devienne, à son tour, une référence pour les générations futures. « Qu’elle construise, innove, protège », a-t-il lancé avant de souhaiter la bienvenue aux nouveaux diplômés dans « la grande famille des ingénieurs polytechniciens ».
Par Sadio FATY