Les coupures d’électricité sont de nouveau au cœur des préoccupations des populations de Dakar et de sa banlieue. Depuis plusieurs jours, de nombreux usagers font état d’interruptions répétées de la fourniture d’électricité, donnant le sentiment d’un retour des délestages dans plusieurs zones de la capitale et de ses environs.
Pourtant, la SENELEC avait communiqué sur la situation et tenté de rassurer ses clients. Dans un communiqué publié début septembre, la société nationale évoquait notamment des travaux d’entretien, de renforcement et d’amélioration du réseau, mais également une contrainte technique affectant temporairement les capacités de production. La centrale WAE, qui dispose d’environ 240 MW de puissance disponible, était notamment concernée.
Mais sur le terrain, le constat demeure préoccupant pour de nombreux ménages et acteurs économiques. Les coupures semblent se succéder par zones, parfois à des moments particulièrement sensibles de la journée. À Dakar comme dans certaines localités de la banlieue, les usagers doivent composer avec des interruptions qui perturbent les activités professionnelles, commerciales et domestiques.
La situation intervient alors que la SENELEC fait face à une forte hausse de la demande. Selon les explications données par son directeur principal Réseaux, Abdou Kader Kane, la consommation a atteint 1 400 MW au mois d’août, alors que les prévisions tablaient sur 1 250 MW. Cet écart aurait fortement réduit les marges disponibles sur le réseau. L’arrêt de la centrale de Cap des Biches les 6 et 7 septembre, avec une perte annoncée de 240 MW, a également aggravé la situation.
À ces difficultés s’ajoutent les interventions programmées sur le réseau. La SENELEC a encore publié un calendrier de travaux couvrant la période du 21 au 27 septembre, avec des perturbations annoncées dans plusieurs secteurs de Dakar et de sa banlieue.
Les populations attendent désormais des explications
Si les contraintes techniques, les travaux et la progression de la demande constituent des éléments d’explication avancés par la SENELEC, la répétition des coupures soulève néanmoins des interrogations chez les usagers.
La question est désormais de savoir si ces perturbations relèvent principalement d’opérations temporaires sur le réseau ou si elles traduisent également un déséquilibre plus profond entre la capacité disponible et la demande.
Dans ce contexte, le directeur général de la SENELEC, Pape Toby, est attendu pour apporter des éclaircissements sur la situation actuelle et sur les mesures prises pour garantir la continuité du service public de l’électricité.
Les populations attendent également des réponses du ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Abdourahmane Diouf, notamment sur les dispositions prises par les pouvoirs publics pour prévenir une installation durable de ces perturbations.
Une situation qui inquiète les ménages et les entreprises
Au-delà de la gêne occasionnée dans les foyers, les coupures ont des conséquences directes sur les activités économiques. Commerces, ateliers, restaurants, services, entreprises et travailleurs utilisant des équipements électriques sont directement exposés aux interruptions de fourniture.
Pour les ménages, la multiplication des coupures intervient également dans un contexte où la demande en électricité augmente fortement pendant les périodes de chaleur, notamment en soirée.
L’enjeu est donc désormais de rétablir une fourniture plus régulière et surtout de donner aux consommateurs une visibilité claire sur l’évolution de la situation.
La SENELEC assure que ses équipes sont mobilisées pour revenir à une situation normale. Mais face à la persistance des coupures, les usagers veulent désormais savoir quand cette normalisation sera effective et quelles mesures durables seront mises en œuvre pour éviter que les délestages ne deviennent récurrents.
Entre les assurances de la SENELEC et la réalité vécue dans plusieurs quartiers, une clarification des autorités du secteur de l’énergie apparaît désormais particulièrement attendue.