Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) a procédé, ce mercredi 23 septembre 2026, à l’installation de sa structure départementale à Kaolack. La cérémonie, tenue à la Chambre des Métiers, a également été l’occasion d’organiser une séance d’information consacrée au nouveau Code du travail, au Pacte de stabilité sociale ainsi qu’au plan d’action réactualisé du mouvement syndical.
La rencontre a réuni les différentes organisations membres du FSDT autour des principales préoccupations du monde du travail, notamment l’emploi, les conditions de travail, la protection sociale et le dialogue entre les partenaires sociaux et les autorités. Prenant la parole, Mody Guiro, secrétaire général national de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), a vivement réagi à certains propos attribués au ministre de tutelle. Le responsable syndical lui reproche notamment de privilégier un discours qu’il juge marqué par la menace, au détriment de la concertation. « On n’a rien contre le ministre de tutelle lui-même. À partir de sa fonction, il doit créer la sérénité. Il l’a même dit : “je vais mettre de l’ordre” », a-t-il déclaré.
Pour Mody Guiro, le dialogue social doit rester au cœur des relations entre les pouvoirs publics et les organisations syndicales. « Ce n’est pas le discours d’un syndicaliste. Il devait privilégier la concertation et le dialogue, en tant que quelqu’un qui connaît le milieu syndical, pour avoir été au front syndical devant les autorités pour défendre les revendications des camarades. Mais il veut réduire les gens au néant. Pour qui se prend-il ? », s’est-il interrogé.
Cette sortie intervient dans un contexte de forte mobilisation annoncée par le FSDT. Le Front prévoit une grève générale les 21, 22 et 23 octobre 2026, dans les secteurs public, privé et informel. Au cœur des revendications figure notamment la question de la précarité de l’emploi. Le FSDT réclame une révision du dispositif concernant les contrats à durée déterminée (CDD) de quatre ans, qu’il considère comme une source d’incertitude pour de nombreux travailleurs, particulièrement les jeunes.
Les syndicats mettent également en avant plusieurs revendications liées à la sécurité sociale et à la protection des travailleurs. Ils demandent notamment une amélioration de la gouvernance de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (IPRES), l’application de la Convention n°144 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le tripartisme, ainsi que le règlement des arriérés de cotisations de l’État, évalués par le Front à 100 milliards de FCFA. La protection des pensions et des réserves des institutions de sécurité sociale figure également parmi les préoccupations exprimées. Le FSDT réclame par ailleurs la réintégration de travailleurs dont les licenciements sont contestés par les organisations syndicales.
Autres revendications : l’instauration ou l’amélioration de l’indemnité de logement, notamment dans les secteurs de la santé, des universités et de l’enseignement privé, le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, le rétablissement de l’accord d’établissement de la RTS, ainsi que le respect des engagements contenus dans le Pacte de stabilité sociale.
Les syndicats réclament également une amélioration des salaires et des conditions de travail.
Le Front demande en outre l’arrêt de ce qu’il qualifie de « distributions abusives de DIPA », qu’il estime susceptibles de menacer des milliers d’emplois dans le secteur de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) à Richard-Toll. À travers l’installation de sa structure départementale de Kaolack, le FSDT entend renforcer l’unité des différentes composantes du mouvement syndical autour d’un même agenda social.
Le Front regroupe notamment la CNTS, l’UNSAS, la CNTS-FC, la CSA, la CNTS-FCA, l’UDTS, la FGTS/B, la FGTS/A, l’UTS, la CDSL, l’OGTS, l’USDS, l’UNTD, l’UTLS-A, l’UTLS-B et la CGTDS.
Le mot d’ordre affiché lors de l’assemblée générale est sans ambiguïté : « Le travailleur a des droits. Seule la lutte libère. » Les syndicats appellent également à la mobilisation autour de plusieurs slogans, notamment : « Nos droits, notre avenir ! », « Unis nous vaincrons ! », « Le travail n’est pas une marchandise ! » et « Travail décent, sécurité sociale pour tous ! »
Avec l’annonce de la grève générale des 21, 22 et 23 octobre 2026, le FSDT entend ainsi accentuer la pression sur les autorités afin d’obtenir des réponses à ses revendications. Pour les responsables syndicaux, la stabilité sociale passe avant tout par un dialogue permanent, la concertation et la prise en compte des préoccupations des travailleurs.