La crise sociale semble prendre une nouvelle tournure à l’Agence nationale de Sécurité routière (ANASER). Réunis en assemblée générale ce samedi 26 septembre 2026, avec l’accompagnement de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), les agents de l’agence ont adopté une motion particulièrement ferme, dans laquelle ils dénoncent une série de difficultés et réclament ni plus ni moins que la fin des fonctions du Directeur général.
Au terme de leur rencontre, les travailleurs ont constaté ce qu’ils qualifient de « rupture de confiance entre le personnel et la Direction générale ». Une situation qui, selon eux, serait alimentée par plusieurs griefs accumulés au cours des derniers mois.
Des rémunérations revues à la baisse
Au cœur des revendications figure la question des salaires. Les agents font état de diminutions de rémunération subies depuis août 2025 par plus d’une vingtaine de travailleurs. Le collectif affirme également disposer d’informations faisant état d’une volonté d’étendre ces mesures à l’ensemble du personnel.
Une situation qui inquiète les travailleurs, alors que la question de la rémunération constitue l’un des principaux points de tension entre le personnel et la Direction générale.
Affectations, conditions de travail et plan social dans le viseur
Les agents dénoncent également des affectations et réaffectations qui, selon eux, seraient effectuées sans accompagnement suffisant et sans adéquation avec les contrats, les qualifications et les responsabilités exercées.
À cette situation s’ajoute, d’après la motion adoptée, l’absence de conditions matérielles de travail jugées satisfaisantes aussi bien dans les pôles qu’au siège de l’agence.
Autre sujet de préoccupation : le projet de plan social engagé depuis mars 2026. Les travailleurs semblent particulièrement préoccupés par ses implications sur l’avenir des emplois et demandent des garanties quant au respect de leurs droits.
Bulletins de salaire, couverture maladie et décisions de justice
La motion pointe également des difficultés persistantes concernant les bulletins de salaire, la couverture maladie et l’exécution de décisions de justice.
Pour les représentants du personnel, ces problèmes, ajoutés à l’absence d’un dialogue social régulier malgré les démarches entreprises auprès de la Direction générale, auraient progressivement détérioré les relations entre les travailleurs et leur hiérarchie.
Les agents estiment ainsi que les conditions ne sont plus réunies pour maintenir une relation de confiance avec la Direction générale.
Une demande directe à l’autorité de tutelle
C’est la principale résolution de cette assemblée générale : les agents demandent à l’autorité de tutelle et à l’autorité de nomination de mettre fin aux fonctions du Directeur général de l’ANASER.
Une demande qui marque un durcissement du ton du personnel et place désormais les autorités compétentes face à une interpellation directe des travailleurs de l’agence.
Pour autant, les agents disent ne pas fermer la porte au dialogue. Ils réaffirment leur plateforme revendicative et leur volonté de négocier, avec l’accompagnement de la CNTS, « dans le respect des textes applicables ».
Le collectif des délégués mandaté pour la suite
À l’issue de l’assemblée générale, le collectif des délégués du personnel a été mandaté pour transmettre officiellement la motion aux autorités concernées et assurer le suivi des revendications.
Avec cette démarche, le conflit social à l’ANASER entre dans une nouvelle phase. Après plusieurs mois de tensions évoquées par les travailleurs, la demande de départ du Directeur général constitue désormais le principal point de cristallisation de leur mouvement.
Reste à savoir quelle sera la réponse de la tutelle et de l’autorité de nomination à cette motion adoptée par les agents. Une réponse qui pourrait déterminer la suite du bras de fer engagé au sein de l’Agence nationale de Sécurité routière.