DIRECTION GÉNÉRALE DE L’URBANISME ET DE L’ARCHITECTURE : Des adieux empreints d’émotion à la première femme à avoir dirigé l’institution

La Direction générale de l’Urbanisme et de l’Architecture (DGUA) a vécu un moment particulièrement chargé en émotion à l’occasion du départ de sa directrice générale sortante, Aminata Bandel Wane. Première femme à avoir dirigé cette administration stratégique, elle a fait ses adieux à ses collaborateurs dans une atmosphère empreinte de tristesse, de reconnaissance et de témoignages élogieux. Entre bilan professionnel, souvenirs partagés et hommages appuyés, cette fin de mission a mis en lumière les relations humaines tissées durant son passage à la tête de l’institution.

Un départ marqué par une profonde émotion

Au moment de prendre la parole pour son discours de fin de mission, Aminata Bandel Wane a exprimé son émotion et sa sérénité, tout en revenant sur les responsabilités assumées et les défis rencontrés. Au-delà des dossiers administratifs et des projets conduits, son intervention a surtout révélé une conception du service public fondée sur la compétence, l’équité, l’intégrité et la défense de l’intérêt général.

La tristesse perceptible lors de cette cérémonie a également été nourrie par les témoignages de ses collaborateurs. Parmi eux, celui de Monsieur Pierre Marius Diouf, chef de la Division administrative et financière et porte parole du personnel de la DGUA, a particulièrement retenu l’attention. Son témoignage, empreint d’une vive émotion, a traduit la difficulté de voir partir une responsable avec laquelle les équipes ont partagé une expérience professionnelle importante. Ses paroles ont donné une dimension profondément humaine à ces adieux, au-delà du simple passage de relais administratif.

De son côté, Monsieur Bakhoum, Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement, a rendu un hommage élogieux à la Directrice générale sortante. À travers son témoignage, il a salué les qualités humaines et le leadership d’Aminata Bandel Wane ainsi que son engagement dans la conduite des missions de la DGUA. Ces marques de reconnaissance, faisant suite à de nombreuses interventions parues dans la presse, ont illustré l’estime et le respect dont elle bénéficie auprès de certains de ses collaborateurs, des populations et partenaires institutionnels.

Un bilan axé sur la transformation urbaine

Durant sa mission, Aminata Bandel Wane a inscrit son action dans un contexte marqué par l’accélération de l’urbanisation au Sénégal. Planification urbaine, sécurisation foncière, renouvellement des quartiers précaires, prévention des inondations et amélioration du cadre de vie ont constitué des enjeux majeurs de son intervention.

Elle a notamment rappelé les efforts engagés dans l’élaboration de la politique nationale d’urbanisation, la poursuite du Programme national de planification urbaine et l’accompagnement technique de projets liés à la gestion des inondations, dont le PGIIS et le PROGEP 2. Elle a également souligné l’importance des partenariats avec ONU-Habitat, la coopération catalane, la JICA, la Banque mondiale, PROCASEF et APIX-SA.

Pour la directrice sortante, l’urbanisme ne saurait se limiter à des procédures ou à des documents techniques. Il constitue une politique publique essentielle, directement liée à la sécurité des populations, à la dignité humaine et à l’avenir des territoires. Elle a ainsi défendu une approche fondée sur l’anticipation, la concertation et le respect des règles, particulièrement dans la gestion des questions foncières et des risques d’inondation car, toujours selon elle « faire de l’urbanisme, c’est faire de la société ».

Une première femme, un symbole pour les générations futures

La portée de son départ tient également à la dimension historique de son parcours. En devenant la première femme à diriger la Direction générale de l’Urbanisme et de l’Architecture, Aminata Bandel Wane a occupé une position de responsabilité dans un secteur technique longtemps dominé par les hommes.

Elle a précisé n’avoir jamais voulu que cet honneur soit seulement symbolique, elle a voulu que cela consiste en une démonstration.
La démonstration qu’une femme peut diriger une administration technique stratégique, prendre des décisions
difficiles, défendre des positions et porter la voix de
l’urbanisme avec la même exigence que n’importe quel
responsable public.

Elle a souhaité que cette expérience ouvre davantage de perspectives aux femmes engagées dans l’administration, l’architecture, l’ingénierie, le foncier et l’aménagement du territoire. Pour elle, les femmes doivent prendre toute leur place dans la construction des villes et le développement du Sénégal.

Un passage de relais, mais pas la fin d’un engagement

Dans son discours d’adieu, Aminata Bandel Wane a tenu à remercier ses équipes, les services déconcentrés, les collectivités territoriales et les partenaires ayant contribué à son action. Elle a reconnu les difficultés rencontrées, notamment les besoins en ressources humaines, les insuffisances matérielles et la complexité de certains dossiers.

Avec humilité, elle a également admis avoir pu commettre des erreurs ou décevoir certaines attentes, tout en affirmant avoir constamment recherché, selon sa conviction, les meilleures décisions pour l’intérêt général.

En quittant ses fonctions, elle a exprimé sa gratitude envers Allah SWT, ses parents, sa famille, ses collaborateurs et toutes les personnes qui lui ont accordé leur confiance. Elle a enfin rappelé qu’une fin de mission ne signifie pas la fin de l’engagement, mais constitue un passage de relais au service de la continuité de l’action publique.

À la DGUA, ses adieux resteront ainsi associés à une séquence de forte émotion, marquée par la tristesse de certains collaborateurs et les hommages rendus à son leadership. Au-delà de son départ, Aminata Bandel Wane laisse le souvenir d’une dirigeante qui aura porté une ambition : promouvoir un urbanisme sénégalais mieux planifié, plus inclusif, plus résilient et davantage tourné vers les besoins des populations.

« Vive le service public, vive l’urbanisme sénégalais et vive le Sénégal » : c’est sur ces mots qu’elle a conclu son discours, laissant à ses successeurs le défi de poursuivre les chantiers engagés et de consolider les acquis de l’institution.