GRÈVE GÉNÉRALE DES 21, 22 ET 23 OCTOBRE : Les syndicats mettent le gouvernement dos au mur

À la veille d’une grève de 72 heures annoncée dans plusieurs secteurs, le gouvernement sénégalais multiplie les appels au dialogue et à la responsabilité. Mais les organisations syndicales, notamment le G7, le Front syndical pour la défense du travail et le SUTELEC, maintiennent leurs mots d’ordre, dénonçant des engagements non respectés et des revendications toujours en suspens.

Le climat social s’annonce tendu au Sénégal. Malgré les appels du gouvernement à l’apaisement et à la poursuite du dialogue social, plusieurs organisations syndicales maintiennent leur mobilisation pour les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2026. Une grève de 72 heures qui pourrait affecter plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’éducation, l’électricité et les transports publics. 

Face à cette menace de perturbations, l’exécutif a tenté de désamorcer la crise. Lors d’un point de presse tenu lundi 19 octobre, plusieurs membres du gouvernement ont présenté l’état d’avancement des engagements pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive. Les autorités ont également invité les centrales syndicales à suspendre leur mouvement afin de privilégier les négociations et de préserver un climat social apaisé, particulièrement à l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026. 

Mais cet appel n’a, pour l’heure, pas suffi à infléchir la position des syndicats. Les organisations concernées continuent de réclamer des réponses concrètes à leurs doléances et entendent faire de ces trois journées de grève un moyen de pression sur les autorités.

Le G7 maintient la pression sur le gouvernement

Dans le secteur de l’éducation, le G7, qui regroupe sept syndicats représentatifs de l’enseignement préscolaire, élémentaire et secondaire, a confirmé son intention d’observer une grève totale de trois jours dans les établissements scolaires du pays.

Les enseignants dénoncent les retards et les manquements dans l’application du protocole d’accord signé avec le gouvernement le 16 avril 2026. Parmi leurs principales revendications figurent le paiement de certaines indemnités, la lenteur dans la mise en œuvre des engagements pris, les retards de paiement des salaires des enseignants contractuels ainsi que les difficultés liées au calendrier de formation des stagiaires de la FASTEF.

Pour le G7, le respect des accords constitue une condition essentielle à la stabilité de l’année scolaire 2026-2027, officiellement lancée le 12 octobre dernier. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a pourtant solennellement appelé les enseignants à lever leur mot d’ordre, invoquant la nécessité de préserver les apprentissages et l’image du Sénégal à la veille des JOJ. Une demande qui se heurte, pour le moment, à la détermination des syndicats. 

Le Front syndical pour la défense du travail annonce une mobilisation plus large

Au-delà de l’école, le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) porte un appel à la grève générale de 72 heures, avec des revendications touchant plusieurs catégories de travailleurs des secteurs public et privé.

Les préoccupations soulevées concernent notamment le pouvoir d’achat, les conditions de travail, les rémunérations, les retraites et la protection sociale. À travers cette mobilisation, les organisations syndicales entendent obtenir des avancées concrètes sur les dossiers qu’elles jugent toujours insuffisamment pris en charge par les autorités.

Le gouvernement, de son côté, assure vouloir poursuivre les discussions et met en avant les efforts engagés dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale. Il a toutefois prévenu que toutes les mesures nécessaires seraient prises pour garantir la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que la liberté des travailleurs de se rendre sur leur lieu de travail. 

Le SUTELEC confirme sa participation à la grève

À la Senelec, le Syndicat unique des travailleurs de l’électricité (SUTELEC) a également confirmé son maintien dans le mouvement des 21, 22 et 23 octobre. Dans un communiqué publié mardi 20 octobre, le syndicat a dénoncé les déclarations du ministre de l’Énergie et du Pétrole ainsi que ce qu’il considère comme des tentatives d’intimidation de la part de la direction générale.

Le SUTELEC défend le bilan des travailleurs et conteste les arguments qui leur attribuent la responsabilité des perturbations dans la fourniture d’électricité. Il évoque notamment les contraintes d’approvisionnement en combustibles et les difficultés liées à la production énergétique.

Le syndicat affirme par ailleurs que sa participation s’inscrit dans le cadre du mot d’ordre collectif du FSDT et de l’UNSAS. Il appelle ses militants à une mobilisation massive et disciplinée, tout en invitant la direction générale à privilégier le dialogue social. 

Dakar Dem Dikk également concernée

Les travailleurs de Dakar Dem Dikk figurent aussi parmi les acteurs de cette mobilisation. Réunis en assemblée générale à Pikine, les représentants syndicaux ont annoncé une grève de trois jours pour obtenir la satisfaction de leurs revendications.

Ils réclament notamment la généralisation de l’indemnité de logement, la transformation de certains contrats à durée déterminée en contrats à durée indéterminée, le paiement de primes et l’amélioration des conditions de travail. La revalorisation des pensions de retraite et la révision de certaines dispositions relatives à la sécurité sociale figurent également parmi les préoccupations soulevées.

Une participation importante des agents pourrait entraîner des perturbations du réseau de transport public, avec des conséquences directes sur les déplacements quotidiens des usagers. 

Le dialogue social à l’épreuve des revendications

Alors que le gouvernement appelle à la responsabilité et à la poursuite des négociations, les organisations syndicales maintiennent ainsi la pression, estimant que les engagements pris doivent désormais se traduire par des résultats tangibles.

Entre les appels à suspendre les grèves, les promesses de poursuite du dialogue et les exigences de respect des accords, les prochaines heures seront déterminantes pour l’évolution du climat social.

À la veille de ces trois journées annoncées de mobilisation, une question demeure : les dernières initiatives de l’exécutif permettront-elles de rapprocher les positions ou les syndicats iront-ils jusqu’au bout de leurs mots d’ordre ?