Plan de redressement: L’APR alerte sur un ajustement structurel déguis

Lors d’un point de presse tenu ce mercredi, l’Alliance Pour la République (APR) a exprimé une vive inquiétude face au Plan de redressement économique et social (PRES) présenté par le Premier ministre, avec le soutien du président de la République. Le parti de Macky Sall dénonce un plan «illégal dans la forme, brutal dans le fond, et dangereux pour les couches les plus vulnérables » .En ouverture, l’APR a exprimé sa compassion aux populations de Touba, récemment frappées par des inondations, à la veille du Grand Magal, avant d’adresser ses vœux à Serigne Mountakha Mbacké, Khalife général des mourides. Mais très vite, le ton s’est durci : l’APR fustige le Plan de redressement de Ousmane Sonko «présenté dans un Grand Théâtre transformé en scène de comédie politique », et élaboré dans un cadre jugé contraire aux textes. Le parti pointe un renversement des rôles constitutionnels, où le Président s’érige en commentateur d’un plan conçu par le Premier ministre, alors que la Constitution confère au Chef de l’État la définition de la politique nationale (article 42). Selon l’APR, le plan de redressement constitue un ajustement structurel volontaire », lourd de conséquences pour les Sénégalais. L’objectif affiché de réduire le déficit à 3% en 2027 ne serait qu’un prétexte pour imposer une pression fiscale sans précédent sur les populations : travailleurs, paysans, artisans, femmes, jeunes, et même influenceurs. Le plan est accusé de frapper plusieurs secteurs clés :Transport (hausse des taxes à l’import), Loisirs (fiscalisation des jeux et du tabac), Téléphonie (taxes sur les téléphones et licences), Monde rural (cession d’actifs fonciers, taxes sur produits agricoles).Le parti dénonce aussi le projet de mobiliser 600 milliards FCFA dans le monde rural, en échange de titres fonciers jugés flous. «C’est une tentative déguisée de privatisation des terres agricoles », alerte l’APR, qui redoute un démantèlement de la souveraineté foncière et alimentaire. L’APR pointe également l’échec de la dernière campagne agricole. Selon des chiffres officiels américains, la production d’arachide aurait chuté de plus de 56 %, passant de 1,6 million à 731 000 tonnes en un an, malgré une hausse des financements. Le ministre de l’Agriculture est accusé d’incompétence, plus préoccupé par les réseaux sociaux que par la réalité des champs. Le parti accuse en outre l’État de supprimer les subventions essentielles au lieu de revoir ses propres dépenses. «L’État providence a cédé la place à un État adou kalpé », résume Pape Malick Ndour, «un État qui ne donne rien mais exige tout »,L’APR s’interroge également sur la cohérence budgétaire du PRES. Entre 5 667 et 6 202 milliards FCFA sont annoncés, sans explication sur l’écart de 500 milliards. De plus, l’effort budgétaire direct de l’État n’atteindrait que 100 milliards, soit 2 % du total. «On fait peser tout le poids de la relance sur le peuple », accuse l’APR. La dette publique, estimée tantôt à 99 %, tantôt à 119 % du PIB, sans document officiel à l’appui, aggrave ce flou. «Le gouvernement refuse de publier les statistiques depuis juin 2024, signe d’un manque de transparence , Face à ce qu’il qualifie de «plan d’agression fiscale généralisée »,l’APR rejette le PRES dans sa forme comme dans son fond. Le parti dénonce : Un matraquage fiscal qui dégrade le pouvoir d’achat, Un projet de dépossession foncière du monde rural, Une fiscalisation des loisirs des jeunes, Un manque total de perspectives d’investissement d’ici 2028. Enfin, l’APR en appelle à la mobilisation populaire et institutionnelle, notamment à l’Assemblée nationale, pour bloquer ce plan. Il exige la libération de ses cadres détenus et la fin des poursuites contre d’anciens ministres. «Nous combattrons ce régime d’oppression par tous les moyens républicains »,conclut le parti, dénonçant un pouvoir «incohérent, violent et méprisant à l’égard du peuple sénégalais».