La crise de l’eau potable en milieu rural continue de frapper durement plusieurs localités du Sénégal, où le nombre de villages confrontés à des pénuries répétées reste incalculable. Des îles du Saloum au cœur du Sine, les populations dénoncent une situation devenue insoutenable.
Dans les communes de Palmarin et Fimela, les habitants affirment être privés d’eau potable depuis plus de quatre ans. Selon les explications avancées, cette pénurie serait liée à l’inadaptation des installations hydrauliques. Pour les populations, cette justification ne saurait masquer ce qu’elles considèrent comme un manque de volonté politique. Plusieurs démarches citoyennes ont été entreprises auprès des opérateurs chargés de la gestion de l’eau, sans résultats probants. Les autorités publiques et municipales sont accusées d’indifférence face à ce problème qualifié de « fléau ».
Même constat à Thiomby, où l’accès à l’eau potable est devenu un véritable parcours du combattant, particulièrement en cette période de Ramadan et de Carême. Depuis plusieurs jours, les robinets sont à sec, plongeant les ménages dans une situation critique. Joint par la presse, le coordinateur du collectif pour la défense des intérêts de Thiomby a dénoncé une coupure d’eau de plus de 72 heures, jugeant la situation « inadmissible » et « insupportable ».
Dans les îles du Saloum, la rareté prolongée de l’eau potable affecte non seulement la vie quotidienne des habitants, mais aussi l’économie locale et les conditions d’apprentissage des élèves. Les activités génératrices de revenus tournent au ralenti, tandis que les femmes et les jeunes parcourent plusieurs kilomètres à la recherche du précieux liquide.
Au nom de la cohésion sociale, de l’égalité territoriale et du droit fondamental à l’eau, les populations exigent un rétablissement rapide et durable du service. Elles rappellent que l’accès à l’eau potable n’est pas un luxe, mais un droit vital dont la privation fragilise davantage les zones rurales déjà confrontées à de multiples difficultés structurelles.
Face à la multiplication des cas à travers le pays, la question de l’approvisionnement en eau en milieu rural s’impose comme une urgence nationale qui appelle des réponses concrètes et durables des autorités compétentes.
Sadio FATY