Ce samedi 7 mars 2026, la Commune de Diarrere a vibré au rythme d’un ndogou fraternel islamo-chrétien, organisé sous l’égide de Madame le Maire. Une initiative louable, symboliquement forte, qui célèbre notre vivre-ensemble et notre tradition séculaire de fraternité entre confessions. À ce titre, je tiens à saluer l’esprit de solidarité qui a animé cette rencontre et à remercier les chefs de village, les imams, les catéchistes, les pasteurs ainsi que l’ensemble des populations présentes. Mais — car il y a un “mais”, et il est de taille — la fraternité, aussi sacrée soit-elle, mérite une explication fluide et accessible pour la population.
Selon les informations tirées du quotidien « En-Relief » du lundi 09 Mars 2026, la municipalité aurait mobilisé huit millions de francs CFA pour l’organisation de ce ndogou. Huit millions !! Un chiffre qui mérite au moins une explication républicaine. Avec le prix du riz brisé ordinaire fixé à 300 FCFA le kilogramme en janvier 2026, une enveloppe équivalente permettrait d’acquérir près de 27 tonnes de riz. Cela représenterait environ 12 kilogrammes par concession pour les 2 135 concessions de Diarrère, soit une population estimée à 35 000 habitants.
En ma qualité de conseiller municipal, je me dois d’informer l’opinion que je fais partie de ces nombreux conseillers qui n’ont pas été associé à cette décision. Cette dépense n’a fait l’objet d’aucun point de discussion lors du dernier conseil municipal tenu le 30 décembre 2025, conseil consacré à la validation du budget 2026, adopté à l’unanimité pour un montant global de 330 millions de francs CFA.
Plus étonnant encore, certains conseillers municipaux n’ont même pas été conviés à ce ndogou, alors que l’événement semble avoir été organisé au nom du Conseil Municipal. Voilà qui relève presque du miracle administratif : une décision collective… sans les conseillers.
Qu’on se comprenne bien : je magnifie l’activité, son esprit et son message. La fraternité islamo-chrétienne de Diarrere n’a pas besoin d’être démontrée, encore moins instrumentalisée. Mais précisément parce qu’elle est précieuse, elle mérite clarté, rigueur et exemplarité dans sa mise en œuvre.
Je souhaite donc, très simplement, connaître le détail de l’utilisation de ces huit millions. Non par esprit de polémique, mais par devoir de responsabilité. J’ose espérer que cette information sera partagée lors du prochain conseil municipal s’il plaît au calendrier républicain de Diarrere de nous en offrir un, puisque, rappelons-le, les sessions ordinaires censées se tenir au moins une fois tous les trois mois sont devenues aussi rares qu’une éclipse totale dans notre commune.
Disons-le avec un sourire, mais aussi avec gravité : non à la politique alimentaire, oui à une autre forme de politique, plus transparente, plus participative, plus respectueuse des élus comme des citoyens.
Enfin, permettez-moi un clin d’œil appuyé au futur ou à la future Maire de Diarrere : la réforme des pratiques municipales n’est plus une option, c’est une attente populaire. Puisse l’avenir nous offrir une gouvernance où la fraternité va de pair avec la reddition des comptes, et où les conseillers municipaux sont informés avant… et non après les événements.
Diarrere le mérite. Et ses citoyens aussi.
Par Guy Martial, Conseiller municipal de Diarrere