La fin du mandat d’Amadou Lamine Dieng à la tête de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres) a plongé l’institution dans une période de turbulences. Deux intérimaires ont été nommés dans l’urgence et un nouveau poste de coordination a été créé à la dernière minute, suscitant incompréhension et interrogations sur la légitimité des instances dirigeantes.
Pour assurer la transition, une direction bicéphale a été mise en place. Selon la note de service n°2026/013/Ipres/Pca/Mrs/Ad d du 28 février 2026, Cheikh Abdoul Aziz Wade, ancien Secrétaire général adjoint, a été promu Secrétaire général intérimaire, tandis que Souleymane Lô, directeur financier et comptable, occupe également un poste intérimaire.
À ces nominations s’ajoute une décision surprenante prise par le directeur sortant Amadou Lamine Dieng, qui, deux jours avant son départ, le 26 février, a nommé Cheikh Guèye au poste de Coordonnateur général, créant ainsi un poste ex nihilo.
Au-delà de ces changements, la légitimité des instances dirigeantes est questionnée. Le mandat actuel du Conseil d’administration de l’Ipres a expiré depuis plusieurs années, alors que la durée statutaire n’est que de deux ans. « Le chef de l’État doit demander la convocation du Conseil d’administration pour l’élection du nouveau bureau parce que le mandat de l’équipe actuelle est terminé depuis belle lurette », souligne un agent de l’institution.
Ce n’est pas la première fois que la gouvernance de l’Ipres connaît des frictions. La nomination initiale d’Amadou Lamine Dieng en 2020 avait déjà provoqué des contestations au sein du Conseil d’administration, avant qu’il ne soit choisi à l’issue d’un appel à candidatures. Historiquement, même sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances, le Conseil d’administration conserve un poids décisionnel important, limitant l’influence directe de l’Exécutif sur la gestion quotidienne.
Une situation similaire avait été observée sous la présidence d’Abdoulaye Wade, lorsque le président avait tenté d’imposer son protégé, Jean-Paul Dias, qui avait été rapidement limogé par la volonté du Conseil d’administration. Aujourd’hui, avec à sa tête Racine Sy, l’organe réaffirme son autonomie et le statut particulier de l’Ipres, preuve que la boîte demeure une institution aux rapports de force singuliers.