GRAND YOFF : Le marché de Bignona menacé de déguerpissement, les acteurs montent au créneau

À Grand-Yoff, la tension monte autour de l’avenir du marché de Binyama. Lors d’un rassemblement, les acteurs de la filière porcine ont dénoncé un projet de déguerpissement qu’ils jugent injuste et lourd de conséquences sociales et économiques pour la commune.

Mme Nicole Correa a d’abord exprimé sa reconnaissance envers les autorités locales, les guides religieux, les membres du collectif de suivi foncier de Grand-Yoff ainsi que les populations venues nombreuses soutenir la cause du marché. Elle a rappelé que cet espace économique, aujourd’hui menacé de déguerpissement, constitue un pilier historique et social pour la commune.

Selon elle, le marché de Bignona est spécialisé dans la filière porcine et existe depuis les années 1960. À l’origine, il était installé sur le site où se trouve aujourd’hui l’hôpital général de Grand-Yoff, à une époque où cette partie de Dakar était encore largement inhabitée. Au fil des décennies, le marché s’est imposé comme un véritable moteur économique local.

« Bignona est générateur d’emplois. Il a permis la création de nombreux métiers : tripiers, bouchers, vendeurs de porcs sur pied, mais aussi des femmes spécialisées dans la transformation de la viande, notamment la préparation de viandes braisées et de saucisses », a souligné Mme Correa.

Elle a également insisté sur la diversité des profils impliqués dans cette activité. Plusieurs diplômés se sont reconvertis dans le commerce de la viande de porc, témoignant de l’importance économique de ce secteur. Aujourd’hui, le marché de Bignona fait vivre plus de 600 personnes, entre acteurs directs et indirects.

Au-delà de ces emplois, Mme Correa estime que le marché contribue à un développement plus inclusif en réduisant le chômage et la pauvreté. « Supprimer Bignona reviendrait à détruire toute une chaîne de production et de valeur qui s’étend bien au-delà de Dakar, jusque dans les villages les plus reculés du Sénégal », a-t-elle averti.

Face à la menace de déguerpissement, les acteurs du marché affirment ne pas chercher l’affrontement, mais disent être à bout après ce qu’ils considèrent comme une injustice. « Nous sommes prêts à entreprendre toutes les démarches nécessaires pour faire triompher la justice », a conclu Mme Correa.