Depuis la défaite des Lions face à la France, la ministre de la Jeunesse et des Sports, Djirèye Clotilde Coly, fait l’objet de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux et dans certains cercles d’opinion. Au-delà des débats sportifs, des attaques visant son style vestimentaire et son apparence ont suscité une vague d’indignation, qualifiées par plusieurs responsables politiques et dignitaires de dérives injustifiées.
Des critiques qui dépassent le cadre sportif
Si la contre-performance de l’équipe nationale a naturellement provoqué des réactions, certains commentaires ont rapidement glissé vers des attaques personnelles ciblant la ministre. Des propos jugés excessifs, éloignés de toute analyse sportive ou institutionnelle, sont dénoncés comme des dérives à caractère sexiste.
Des propos encore plus choquants sur les réseaux sociaux
Dans la même dynamique, d’autres internautes sont allés plus loin, qualifiant la ministre de « poisse », la comparant à son prédécesseur qui avait remporté la Coupe d’Afrique des Nations. Des propos jugés choquants et irrespectueux par une partie de l’opinion publique, qui dénoncent une dérive du débat public vers des attaques personnelles sans fondement.
Aminata Touré monte au créneau
Face à cette polémique, l’actuelle Haut représentant du chef de l’État, Aminata Touré, a exprimé un soutien ferme à la ministre. Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, elle condamne des attaques qu’elle qualifie de « misogynes et moyenâgeuses », tout en saluant la posture de la ministre depuis sa prise de fonction.
Elle encourage Djirèye Clotilde Coly à rester fidèle à elle-même face aux critiques :
« Belle africaine vous êtes, belle africaine restez-le ! »
Pour elle, la meilleure réponse aux détracteurs réside dans la constance, la dignité et la détermination dans l’exercice des responsabilités publiques.
Ndéné Mbodj prend position
Le directeur général du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), Ndéné Mbodj, a également apporté son soutien à la ministre, dans un message empreint de réflexion sur la perception des femmes dans l’espace public. « Clotilde n’est pas Cléopâtre », écrit-il en introduction, avant d’opposer la figure historique de Cléopâtre à celle de Djirèye Clotilde Coly. Selon lui, là où la reine d’Égypte est souvent associée à sa beauté légendaire, la ministre se distingue avant tout par « l’esprit », le travail et le mérite.
Dans son message, il établit également un parallèle avec l’écrivaine française Marguerite Yourcenar, qu’il présente comme une figure de l’intelligence et de la pensée face à la bêtise humaine. Il estime que Djirèye Clotilde Coly s’inscrit dans cette lignée, incarnant une femme de rigueur et de compétence.
Le directeur du COUD décrit la ministre comme « une belle manifestation de l’esprit » et souligne que son parcours professionnel ainsi que ses compétences honorent la République. Il considère également que son exemple peut inspirer les jeunes générations de femmes dans un contexte mondial marqué, selon lui, par la montée des attaques gratuites et de la mesquinerie.
Un parcours présenté comme inspirant
« Son CV honore l’esprit et la République », affirme-t-il, ajoutant que de nombreuses jeunes femmes peuvent voir en elle un modèle de réussite et de détermination.
Une polémique révélatrice de tensions sociales
Cette affaire relance le débat sur la place des femmes dans les hautes fonctions publiques et sur la persistance de critiques fondées sur l’apparence plutôt que sur les résultats. Plusieurs voix politiques et citoyennes appellent à recentrer le débat sur les politiques sportives et la performance institutionnelle, loin des attaques personnelles.
Par Sadio FATY