Invité de l’émission le Grand entretien du site d’information Seneweb, l’honorable député Samba Dang, responsable politique du parti Pastef, 5e vice-président de l’Assemblée nationale et président du Réseau des parlementaires pour la protection de l’environnement au Sénégal (REPES), s’est longuement exprimé sur les questions environnementales, le développement agricole, la modernisation de l’action parlementaire et l’actualité politique nationale. Au cours de cet entretien, il a également réaffirmé son engagement au sein de Pastef tout en plaidant pour un rapprochement entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.
Le REPES en première ligne sur les enjeux environnementaux
À la tête du REPES depuis son élection lors de l’Assemblée générale du 20 février 2025, Samba Dang met en avant le rôle des parlementaires dans la protection de l’environnement. Selon lui, les élus ont la responsabilité de porter des politiques publiques favorables au développement durable et à la préservation des ressources naturelles.
Le député est revenu sur les principales activités du réseau. Parmi celles-ci figurent la participation, le 28 avril 2026 à Nouakchott, au panel technique organisé par la Commission sous-régionale des pêches (CSRP) consacré aux outils favorisant une pêche durable dans le cadre du réseau régional APPEL.
Il a également évoqué la validation, le 18 mai 2026, d’une note conceptuelle de partenariat entre le REPES, l’Environmental Justice Foundation (EJF) et le Programme régional de conservation de la zone côtière et marine (PRCM), avec des perspectives de collaboration jusqu’en 2029.
Il rappelle aussi les travaux menés en septembre 2025 avec l’IPAR autour de l’utilisation des données probantes dans l’action parlementaire ainsi que la validation du plan stratégique quinquennal 2025-2030.
Il cite également la participation du réseau à Praia, au Cap-Vert, à l’atelier régional consacré à l’accord BBNJ et aux aires marines protégées en haute mer, ainsi que les échanges organisés à Dakar sur le financement de l’adaptation au changement climatique et des transitions justes avec l’appui d’Enda Énergie. « Nous sommes des parlementaires et nous avons le devoir de plaider pour la protection de l’environnement. Nous devons accompagner toutes les initiatives qui contribuent au développement durable », affirme-t-il.
Moderniser l’agriculture, priorité nationale
Au-delà des questions environnementales, Samba Dang estime que l’agriculture demeure le principal levier du développement économique du Sénégal.
Le député plaide pour une profonde modernisation du secteur en s’inspirant notamment de l’expérience ivoirienne. « Nous devons nous inspirer du modèle ivoirien qui a réussi à professionnaliser son agriculture », explique-t-il, rappelant une mission effectuée en Côte d’Ivoire avec le Fonds national de développement agro-sylvo-pastoral (FNDASP) auprès du Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricole (FIRCA).
Il souligne également les enseignements tirés de sa participation au programme américain International Visitor Leadership Program (IVLP) consacré à la gouvernance locale.
Selon lui, cette expérience lui a permis d’observer les mécanismes de gestion des ressources, la valorisation des matières premières ainsi que les pratiques de gouvernance locale mises en œuvre aux États-Unis.
Des réformes attendues dans le monde rural
Samba Dang estime que le monde rural reste confronté à plusieurs difficultés, notamment l’accès aux intrants agricoles, le vol de bétail et les difficultés de commercialisation des productions.
Il salue la compétence du nouveau ministre de l’Agriculture comme son prédécesseur qu’il décrit comme « un homme de terrain » capable de poursuivre les réformes engagées.
Le parlementaire préconise également une meilleure organisation des coopératives agricoles, un accompagnement financier de l’État durant leurs premières années d’existence et une réforme du système actuel.
Concernant la commercialisation de l’arachide, il appelle les pouvoirs publics à mieux réguler le marché afin de protéger les producteurs.
« Je suis profondément ancré dans Pastef »
Sur le terrain politique, Samba Dang tient à lever toute ambiguïté sur son engagement. « Je suis profondément ancré dans Pastef », insiste-t-il.
Coordonnateur départemental du parti et responsable régional à Kaffrine, il affirme être resté fidèle à Ousmane Sonko durant les périodes les plus difficiles.
« Ousmane Sonko est mon leader. Dans les moments les plus difficiles, j’étais à ses côtés et je continuerai à défendre Pastef », affirme-t-il.
Le député assure également qu’il fait partie des rares responsables capables de remporter des élections dans leur département sans la présence du président du parti.
Il distingue toutefois son engagement politique de ses relations personnelles.
Il affirme entretenir une relation fraternelle et amicale avec le président Bassirou Diomaye Faye tout en précisant qu’elle ne remet nullement en cause son appartenance à Pastef.
« La relation fraternelle n’a rien à voir avec la relation politique. Je garde mes amitiés et mes relations personnelles, mais politiquement je suis de Pastef », souligne-t-il.
L’un des passages les plus marquants de l’entretien concerne son rôle de médiateur entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.
Le député affirme multiplier les initiatives afin de favoriser un rapprochement entre les deux dirigeants.
« Jusqu’à ma dernière goutte de sang, je continuerai à travailler pour qu’ils se retrouvent. Ils sont condamnés à être ensemble parce que c’est ce que le peuple sénégalais attend d’eux », déclare-t-il.
Selon lui, plusieurs démarches ont déjà été entreprises auprès des familles, des autorités religieuses, de ministres et d’autres personnalités afin de favoriser une réconciliation.
« Je suis un pont entre eux. Beaucoup souhaitent les voir réunis parce que c’est ensemble qu’ils pourront développer le pays », poursuit-il.
Samba Dang révèle par ailleurs avoir été sollicité pour intégrer le nouveau gouvernement.
Une proposition qu’il affirme avoir refusée. Selon lui, cette décision est motivée par les orientations données par Ousmane Sonko aux responsables de Pastef.
« En tant que responsable de Pastef, je ne trahirai jamais mon parti », déclare-t-il.
Interrogé sur les récents changements intervenus à la tête de plusieurs directions nationales, le député rend hommage aux responsables remerciés.
Il estime que ces derniers ont accompli un travail remarquable au service de l’État, tout en rappelant que les nominations relèvent exclusivement des prérogatives du président de la République.
« Ils ont servi la Nation avec engagement. Les nominations appartiennent au président de la République et nous respectons ses prérogatives », dit-il.
Pour Samba Dang, la priorité demeure aujourd’hui la cohésion de la famille Pastef. « Peu importe les critiques ou les attaques, ce qui m’importe avant tout, c’est que notre famille politique retrouve son unité pour le bien du Sénégal », a-t-il conclu.
Par PMF