Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE), à travers la Plateforme nationale d’action sur les plastiques du Sénégal (NPAP Sénégal), a organisé, mercredi à Dakar, la troisième réunion du Groupe consultatif sur les métriques (MAG3). L’objectif est d’identifier les mesures prioritaires susceptibles d’accélérer la transition vers une économie circulaire où les plastiques sont mieux produits, utilisés, collectés, recyclés et valorisés. Cette rencontre stratégique a réuni les administrations publiques, le secteur privé, la société civile, le monde académique ainsi que les partenaires techniques et financiers afin d’examiner les premières hypothèses du scénario de changement systémique devant servir de socle à la future Feuille de route nationale d’action sur les plastiques.
Conduite par le Gouvernement du Sénégal avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), du Global Plastic Action Partnership (GPAP) et de Systemiq, cette feuille de route ambitionne de transformer durablement la gestion des plastiques au Sénégal en accélérant la transition vers une économie circulaire, tout en réduisant les effets de la pollution plastique sur les populations et les écosystèmes.
Le Directeur de la Réglementation environnementale et du Contrôle (DIREC), Baba Dramé, a rappelé que la pollution plastique constitue aujourd’hui l’un des défis environnementaux les plus préoccupants pour le Sénégal.
Selon lui, les conséquences de cette pollution dépassent largement le cadre écologique et affectent également la biodiversité, la santé publique, les activités économiques et les moyens de subsistance des populations. « Les impacts sur nos écosystèmes terrestres et marins, sur la biodiversité et sur la santé publique ne sont plus à démontrer. Ils entraînent également des coûts économiques et sociaux considérables », a-t-il souligné.
Face à cette menace grandissante, Baba Dramé a rappelé que le Gouvernement a fait de la lutte contre la pollution plastique une priorité de sa politique environnementale.
Cette volonté se traduit notamment par l’adoption de plusieurs cadres réglementaires, la promotion de l’économie circulaire et l’engagement actif du Sénégal dans les initiatives internationales visant à mettre fin à la pollution plastique.
Pour lui, la troisième réunion du Groupe consultatif sur les métriques constitue une étape déterminante dans le processus d’élaboration de la feuille de route nationale.
Elle permettra d’évaluer les premières propositions du scénario de changement systémique destinées à transformer le système plastique sénégalais, en identifiant les solutions les plus efficaces et les plus réalistes pour réduire durablement les déchets plastiques.
Les participants ont ainsi été invités à examiner la pertinence, la faisabilité et l’impact potentiel des différentes interventions envisagées.
Les discussions ont porté sur plusieurs leviers d’action, notamment les réformes réglementaires, les instruments économiques, les innovations technologiques, le développement des infrastructures de gestion des déchets ainsi que les changements de comportements nécessaires à une consommation et une production plus responsables.
Cette approche repose également sur une meilleure répartition des responsabilités entre l’État, les collectivités territoriales, les entreprises, les organisations de la société civile, les chercheurs et les partenaires au développement.
Le processus engagé dans le cadre du NPAP Sénégal se distingue par une forte démarche participative.
Après une première réunion consacrée, en mai dernier, à la validation de l’approche méthodologique et du choix de l’année de référence 2023, puis une deuxième session ayant permis de consolider l’analyse des flux plastiques et du scénario de statu quo à l’horizon 2040, cette troisième rencontre marque une nouvelle phase orientée vers la définition des solutions de transformation du système.
Le Groupe consultatif sur les métriques joue ainsi un rôle central dans la validation des analyses techniques et dans l’élaboration d’une feuille de route fondée sur des données scientifiques et des recommandations partagées par l’ensemble des parties prenantes.
Pour Baba Dramé, la réussite de cette ambitieuse réforme dépendra avant tout de la capacité des différents acteurs à travailler ensemble autour d’une vision commune.
Il a salué la diversité des participants, estimant que la complexité de la problématique plastique exige une réponse inclusive et multisectorielle. « Le succès de cette initiative dépendra de notre capacité collective à bâtir une vision commune et à proposer des solutions ambitieuses, réalistes et adaptées au contexte sénégalais », a-t-il déclaré.
PMF