LES ACTEURS DE LA PECHE SOUTIENNENT LEUR MINISTRE AMY MARA : « Le fond compte plus que la forme »

Les acteurs du secteur de la Pêche et de l’Economie maritime ont pris connaissance des commentaires et critiques suscités par les récentes déclarations de Mme Dièye Amy Mara, Ministredes Pêches et de l’Economie maritime, lors de sa visite à Touba. Pêcheurs, mareyeurs, femmes transformatrices apportent leur soutien à leur tutelle. Selon eux, le fond prime sur la forme. 

Madame la Ministre s’est exprimée en français, langue officielle de notre pays, avec la sincérité et la conviction qui la caractérisent. Ce qui importe selon nous acteurs du secteur, ce sont les messages de développement, d’engagement et de solidarité qu’elle a portés auprès des populations de Touba, des messages concrets sur l’avenir de la pêche sénégalaise, la souveraineté alimentaire et l’emploi des jeunes.

Le Sénégal est un pays multilingue où cohabitent le français, le wolof, le pulaar, le sérère, le diola, le mandingue et bien d’autres langues nationales. Nombre de nos dirigeants, parlementaires et élus locaux s’expriment dans la langue qui leur permet de toucher le cœur des populations. La ministre était à Touba pour écouter, dialoguer et promettre des actions et cela, elle l’a fait avec cœur.

Il serait injuste et peu charitable de réduire une femme d’État, engagée pour le développement du secteur maritime, à des considérations phonétiques. D’ailleurs est-ce vraiment de cela dont nous devrions débattre ? Une question que se pose Mamadou Sow, Président des délégués du Marché central au poisson de Dakar. 

Et Atou Ndiaye, Mareyeur et Président de l’association des utilisateurs du Marché au Poisson de Kaolack d’en ajouter que Mme Dièye Amy Mara est une technicienne aguerrie, une gestionnaire rigoureuse qui œuvre au quotidien pour améliorer les conditions de vie des pêcheurs sénégalais et moderniser notre économie maritime. Le cas du complexe frigorifique de Hann qu’elle a réglé en si peu de temps en est une preuve. La juger sur son accent ou sa grammaire, c’est faire offense à des milliers de Sénégalaises et de Sénégalais qui, dans leur vie professionnelle, s’expriment dans une langue qui n’est pas leur langue maternelle. Nous appelons nos compatriotes et les commentateurs à faire preuve de retenue et de respect.

Pour Général Djiby Ndiaye du Collectif des mareyeurs, le débat public doit porter sur les politiques publiques, les résultats et les actions, pas sur des attaques personnelles qui n’honorent personne. Le Sénégal que nous construisons est un Sénégal de respect, de travail et d’unité. Sur le fond, que disait-elle ? Elle parlait des défis à relever, de la nécessité de protéger nos ressources halieutiques contre la pêche illicite, de l’urgence d’investir dans la transformation locale pour que le poisson sénégalais nourrisse les Sénégalais d’abord. Elle tenait un discours de ministre, pas de grammairienne.

Rappelons l’essentiel : la compétence d’un ministre ne se mesure pas à son accent, à ses hésitations ou à ses anglicismes. Elle se mesure à sa capacité à piloter des réformes, à défendre les intérêts de son secteur, à améliorer concrètement la vie des gens ajoute Thierno Mbengue de l’Union Nationale des Mareyeurs du Sénégal. Mme Dièye Amy Mara a-t-elle réussi sur tous ces plans ? Le débat est ouvert. Mais le débat sur son français à Touba est une distraction méprisable qui insulte l’intelligence des Sénégalaises et des Sénégalais dit-il. 

Et si, plutôt que de rire du français d’une ministre, nous nous interrogions sur le nôtre ? Celui qui consiste à rester silencieux face à la pêche industrielle étrangère qui vide nos eaux. Celui qui ne trouve pas de mots pour exiger des écoles de formation maritime dans les régions. Celui qui préfère les moquettes des salons climatisés aux quais brûlants de Kayar, de Saint-Louisentre autre.

Mme Dièye Amy Mara a peut-être fait des lapsus dans sa déclaration en français à Touba. Mais elle avait le courage d’être là, sur le terrain, à parler à ceux que trop de beaux parleurs oublient. C’est cela, la véritable éloquence. Et ces gens-là, dans les marchés aux poissons, ne lui ont pas demandé si elle maîtrisait le subjonctif ou l’imparfait. Ils lui ont tout simplement demandé une amélioration des infrastructures de conservation, des débouchés pour leurs produits.

Pour Mor Mbengue,  membre du Comité Local de la Pêche artisanale, ce qui  Intéresse les acteurs, Mme le Ministre a apporté un plus dans le secteur. Sa modestie, son sens d’écoute a fait renaitre l’espoir dans le secteur. Elle a privilégié le dialogue et la concertation. Une démarche très bien appréciée par toutes les organisations professionnelles du secteur. 

Madame la Ministre continue son travail sur le terrain, aux côtés des acteurs de la pêche et des communautés côtières, animée par la même détermination : faire du Sénégal une grande nation maritime.