La Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS), en partenariat avec le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, à travers la Direction du Changement climatique, de la Transition écologique et des Financements verts (DCCTEFV), a tenu, ce 10 août 2026 un atelier national consacré à la validation de l’étude sur l’identification, le développement et l’opérationnalisation des indicateurs d’adaptation. L’ambition est de mettre en place des outils fiables pour mieux mesurer les résultats des actions engagées. Cette importante réunit les principaux acteurs nationaux impliqués dans la planification, la mise en œuvre et le suivi des politiques climatiques. L’initiative entre dans le cadre du projet régional « Mise en œuvre des priorités régionales et nationales d’adaptation en Afrique Centrale et de l’Ouest (PACO) », avec l’appui technique de la GIZ.
Prenant la parole au nom du Secrétaire exécutif de la CCRS, Idrissa Mahamadou Soumana, responsable du portefeuille des programmes, a rappelé la vulnérabilité particulière du Sénégal face aux effets du changement climatique.
À la fois pays sahélien et côtier, le Sénégal est exposé à plusieurs risques climatiques, notamment la variabilité des précipitations, les sécheresses, la salinisation des terres, l’érosion côtière et l’élévation du niveau de la mer.
Des phénomènes qui exercent déjà une pression importante sur plusieurs secteurs stratégiques de l’économie nationale, parmi lesquels l’agriculture, la pêche, le tourisme, les infrastructures et l’habitat.
Pour faire face à ces défis, le Sénégal s’est doté de plusieurs instruments de planification climatique, dont sa Contribution déterminée au niveau national (CDN), son Plan national d’adaptation (PNA) et différentes stratégies sectorielles destinées à renforcer la résilience du pays.
Mais pour la CCRS, l’efficacité de ces politiques dépend aussi de la capacité des pouvoirs publics à mesurer de manière précise les progrès réalisés.
Les indicateurs d’adaptation doivent ainsi servir de véritables outils d’aide à la décision. Ils devraient permettre de mieux piloter les politiques publiques, d’améliorer la coordination entre les institutions, d’évaluer les bénéfices des actions menées et de renforcer la capacité du Sénégal à mobiliser des financements climatiques.
Pour sa part, Idy Niang, Conseiller technique à la DCCTEFV, a insisté sur la nécessité de disposer d’indicateurs adaptés aux réalités nationales.
Il a rappelé que le changement climatique représente aujourd’hui un défi majeur pour le développement durable du Sénégal, affectant aussi bien les populations que les infrastructures, les écosystèmes et les secteurs économiques.
Dans le cadre du projet PACO, les travaux techniques ont notamment permis de réfléchir à un cadre harmonisé d’indicateurs dans deux secteurs stratégiques : les infrastructures de transport terrestre et le tourisme.
Ces deux domaines, essentiels à l’activité économique et au développement du pays, sont également particulièrement exposés aux risques climatiques.
La mise en place d’indicateurs robustes doit permettre de mieux suivre les progrès accomplis en matière d’adaptation, d’améliorer le rapportage national et international et surtout d’orienter les investissements vers les actions susceptibles de produire les meilleurs résultats.
Durant les deux jours de l’atelier, les participants sont appelés à examiner les résultats de l’étude, à analyser les indicateurs existants et à étudier les fiches techniques proposées.
Des travaux de groupe permettront également de recueillir les contributions des différents acteurs afin d’améliorer les propositions et de définir les modalités pratiques d’intégration des indicateurs dans les systèmes sectoriels de suivi-évaluation.
Une démarche participative jugée essentielle par les initiateurs, qui souhaitent disposer d’indicateurs à la fois pertinents sur le plan technique, réalistes, mesurables et suffisamment opérationnels pour être utilisés par les institutions concernées.
Au-delà du suivi des politiques publiques, la mise en place d’un système national harmonisé d’indicateurs revêt également une dimension financière.
La capacité à produire des données fiables sur les résultats et les impacts des actions d’adaptation peut en effet contribuer à renforcer la crédibilité du Sénégal auprès des partenaires techniques et financiers et à faciliter l’accès aux financements climatiques internationaux.
Le futur dispositif devrait également contribuer à améliorer la transparence de l’action climatique du pays et à répondre aux exigences du cadre renforcé de transparence de l’Accord de Paris.
Cette démarche s’inscrit dans les priorités du Plan d’Investissement Climat pour la Région du Sahel (PIC-RS 2025-2030), qui fait du renforcement des systèmes nationaux de planification, de suivi-évaluation et de mobilisation des financements climatiques un axe stratégique.
PMF