REFUS DE REPONDRE À LA JUSTICE SÉNÉGALAISE : Comment José a voulu faire classer le dossier en Espagne

Le dossier des 37 milliards de francs CFA continue de se jouer sur deux fronts judiciaires : au Sénégal et en Espagne. Sur les ondes de la RFM, Tidiane Sall a livré sa lecture des derniers développements, notamment après la décision annoncée par José de ne plus répondre aux juridictions sénégalaises.

Selon le représentant de la République des Valeurs en France, la procédure espagnole, qu’il a lui-même initiée, « s’avance ». La plainte a été déposée le 19 janvier 2026. Dès le 24 février, le tribunal espagnol aurait reconnu, selon lui, sa qualité à agir et procédé à des réquisitions auprès de deux institutions impliquées dans le montage financier : Banco Santander, présentée comme la banque ayant financé l’opération, et l’agence espagnole chargée de garantir le crédit à l’exportation.

Des réponses obtenues, mais après plusieurs mois

Tidiane Sall affirme que Banco Santander a répondu à la réquisition judiciaire en transmettant les éléments demandés. En revanche, l’entreprise espagnole directement concernée par la procédure aurait tardé à répondre.

D’après son récit, une seconde réquisition aurait été nécessaire avant que l’entreprise ne transmette finalement sa réponse, plusieurs mois après le début de la procédure.

Mais c’est surtout le contenu de cette réponse que Tidiane Sall met en avant. Selon lui, la défense de l’entreprise ne porterait pas sur le fond du dossier, mais sur la recevabilité de la plainte.

« Ils demandent à ce que l’Espagne classe le dossier parce que je n’ai pas qualité à agir », a-t-il expliqué sur la RFM.

Autrement dit, poursuit-il, la partie mise en cause contesterait principalement le droit de Tidiane Sall à saisir la justice espagnole, au motif qu’il ne serait pas lui-même l’autorité contractante ou la partie directement lésée.

Pour le représentant de la République des Valeurs, cette position pose une question de cohérence : refuser de répondre à la justice sénégalaise tout en demandant parallèlement au juge espagnol de fermer la procédure.

Dix chefs d’accusation au Sénégal

Selon lui, aux trois chefs initialement visés dans sa plainte, le parquet financier en aurait ajouté plusieurs autres, portant le nombre de qualifications évoquées à dix.

Parmi les infractions citées par Tidiane Sall figurent notamment la corruption, le trafic d’influence, le blanchiment de capitaux et la prise illégale d’intérêts.

Les 37 milliards : « l’argent a été décaissé »

L’un des points centraux de son intervention concerne le décaissement des 37 milliards de francs CFA.

Pour Tidiane Sall, un élément ne ferait désormais plus débat : les fonds ont été décaissés alors que le projet d’électrification rurale n’avait pas encore démarré.

José entre les deux justices

C’est dans ce contexte que se pose la question du refus annoncé de José de répondre aux juridictions sénégalaises.

Selon son avocat, rapporté dans l’intervention de Tidiane Sall, José aurait décidé de ne plus répondre à la justice sénégalaise en raison de l’existence d’une procédure ouverte en Espagne, préférant s’expliquer devant les juridictions espagnoles.

Une position que Tidiane Sall juge difficilement compréhensible.

Il relève surtout ce qu’il considère comme une contradiction : en Espagne, la partie concernée demanderait au juge de classer la procédure au motif que le plaignant n’aurait pas qualité à agir ; au Sénégal, elle refuserait parallèlement de répondre aux convocations de la justice.

« Ils ne veulent pas qu’un juge, ni en Espagne, ni au Sénégal, mette le nez dedans », a résumé Tidiane Sall.

Une formule qui traduit la lecture très critique qu’il fait de la stratégie judiciaire de la partie adverse.