La bataille pour Thiès-Nord n’a pas encore livré ses premiers bulletins qu’elle fait déjà monter la température. Moussa Thiombane, candidat déclaré à la mairie, choisit l’offensive. Dans un entretien avec la presse, il revendique le profil le plus compétent pour prendre les commandes de la commune et livre un diagnostic sans concession de sa gestion actuelle. Assainissement, éclairage, sécurité, digitalisation, emploi des jeunes et autonomisation des femmes : il promet de s’attaquer aux maux qu’il considère comme les plus urgents.
La campagne commence-t-elle déjà à Thiès-Nord ? Tout porte à le croire. En annonçant publiquement sa candidature à la mairie, Moussa Thiombane ne s’est pas contenté de faire connaître une ambition. Il a choisi de placer la barre haut, très haut même, en se présentant comme « le seul candidat apte à diriger la commune de Thiès-Nord ».
Une déclaration qui ne laisse guère de place à la demi-mesure. Face au nombre de prétendants qui se positionnent dans la commune, le candidat estime que la quantité des candidatures ne garantit ni la compétence ni la capacité à administrer une collectivité territoriale.
Son message est donc clair : Thiès-Nord aurait moins besoin d’un nouveau prétendant que d’un profil capable de transformer concrètement la commune. Et il estime être ce profil.
Le CV comme première arme
Pour défendre cette prétention, Moussa Thiombane met en avant son parcours. Natif de Médina Fall, il fait ses premières armes au lycée Malick-Sy, où il obtient son baccalauréat. Il poursuit ensuite son cursus à la Faculté des sciences et techniques, jusqu’à décrocher une licence puis un master. Mais c’est surtout son expérience professionnelle qu’il présente comme son principal argument.
Chef du Département des services techniques, il explique être impliqué dans la gestion de la construction et de l’entretien des campus sociaux. Une expérience qu’il considère comme directement transposable à la gestion d’une municipalité, notamment dans le domaine des infrastructures et des services aux populations. À cela s’ajoute une autre corde à son arc : la transformation numérique.
Il indique que les œuvres sociales sont engagées dans un processus de digitalisation de leurs différents mécanismes de gestion. Une expérience qui nourrit aujourd’hui son ambition de faire entrer Thiès-Nord dans une nouvelle ère administrative.
Pas une candidature sortie du chapeau
M.Thiombane insiste sur un autre élément : l’ancienneté de son engagement. Il refuse de présenter sa candidature comme une construction politique opportuniste apparue à l’approche des élections.
Le fil rouge, selon lui, remonte à ses années de lycée. Président du foyer du lycée Malick-Sy, il affirme avoir commencé à travailler sur les conditions de vie et d’études des élèves avant de poursuivre cette démarche à l’université.
« Depuis le lycée Malick-Sy en tant que président du foyer et à l’université, nous avons commencé nos premiers pas pour améliorer les conditions de vie et d’études des étudiants thiéssois », rappelle-t-il.
Il cite également ses actions sociales à Médina Fall.
Son argumentaire repose donc sur une idée simple : avant de prétendre administrer la commune, il faut avoir fait ses preuves dans l’engagement collectif.
Thiès-Nord : le diagnostic qui dérange
C’est sur l’état de la commune que le discours devient le plus offensif.
« Le tableau est sombre », tranche Moussa Thiombane.
Le candidat dresse un inventaire peu flatteur : assainissement insuffisant, éclairage défaillant et problèmes de sécurité.
Trois questions qui, à ses yeux, doivent passer avant les grands discours et les promesses électorales.
Son premier chantier serait ainsi le cadre de vie.
« Premier chantier : c’est de mettre à la disposition de la population un cadre de vie adéquat », affirme-t-il.
Dans sa grille de lecture, l’assainissement, l’éclairage et la sécurité ne sont pas des dossiers secondaires. Ils constituent le socle même d’une politique municipale digne de ce nom.
Cependant Moussa Thiombane ne veut pas seulement changer les infrastructures. Il veut également changer le rapport entre la mairie et les citoyens. C’est là que son projet numérique prend tout son sens. Raison pour laquelle M. Thimbane ne parle pas uniquement d’une administration digitalisée. Il revendique une ambition plus large : une « ville connectée ». L’idée est d’utiliser le numérique pour rapprocher l’administration des administrés, faciliter les démarches et améliorer la circulation de l’information. « Au-delà d’une mairie numérique, je veux une ville connectée », affirme-t-il.
Mais derrière le numérique, c’est surtout la méthode de gouvernance qu’il veut revoir.
Pour lui, la mairie ne doit plus fonctionner à distance des populations.
« Ce qui doit changer, c’est l’approche. La mairie doit écouter les populations, résoudre leurs difficultés et leur rendre compte », martèle-t-il. Une formule qui résume sa conception de la gestion municipale : écouter, agir et rendre compte.
Jeunesse : sortir du discours, passer à la formation
Autre priorité affichée : la jeunesse.Le candidat à la mairie de Thiés Nord, Moussa Thiombane veut placer la formation des jeunes au cœur de son projet. Une orientation qui vise, selon lui, à donner aux jeunes les moyens de trouver leur place dans l’économie locale. Les femmes ne sont pas en reste. Leur accès au financement constitue également l’un des axes annoncés de son programme.
Formation des jeunes, financement des femmes : Il veut ainsi faire de la mairie un levier économique et social.
« Une équipe d’experts », promet-il
Reste la question centrale : avec quels moyens mettre en œuvre cette transformation ? Moussa Thiombane affirme avoir déjà la réponse.
« Notre candidature porte une ambition de transformation concrète parce que tout simplement nous avons une équipe d’experts et un programme béton », assure-t-il.
Le mot « expertise » revient comme un leitmotiv dans son discours.
C’est précisément sur ce terrain qu’il entend affronter ses concurrents. La phrase qui fait déjà débatMais c’est sans doute son attaque contre les autres prétendants qui risque de faire le plus réagir.
« Ma différence avec les autres candidats est qu’ils cherchent une nomination, un décret, et moi je cherche le bonheur et la quiétude des populations », lance-t-il.
Une sortie qui plante le décor de la future bataille électorale.
Moussa Thiombane oppose ainsi sa candidature, qu’il présente comme fondée sur le service aux populations, à ce qu’il décrit comme une quête de positionnement et de nomination chez certains de ses adversaires. Une accusation qui devra naturellement être appréciée à l’aune des réponses des autres candidats.
Le pari de la compétence
Au fond, la candidature de Moussa Thiombane repose sur un pari politique : faire de la compétence le principal argument électoral. Il entend capitaliser sur son parcours académique, son expérience technique, son engagement social et sa vision numérique pour convaincre une population confrontée à des préoccupations très concrètes.
Néanmoins, dans une bataille municipale, le meilleur CV ne suffit pas toujours.
Il faudra convaincre les électeurs. Transformer les promesses en programme chiffré. Décliner les ambitions en calendrier. Et surtout démontrer que l’équipe annoncée est capable de passer de la parole aux actes.
Pour l’heure, Moussa Thiombane a choisi son terrain de combat.
À Thiès-Nord, il ne se présente pas comme un candidat de plus. Il veut apparaître comme l’alternative capable de rompre avec les anciennes méthodes de gestion. Et avec sa déclaration « je suis le seul candidat apte » il vient surtout d’envoyer un message à ses concurrents : la bataille de Thiès-Nord sera aussi une bataille de profils, de compétences et de projets.
Propos recuellies par Anta Fofana Konaté