Litige foncier sur 1 000 m²: La fondation Cheikh Abdoul Aziz Sy face à Seynabou Ndiaye

Une parcelle de 1 000 m² située à Liberté 6 est au cœur d’un litige opposant la dame Seynabou Ndiaye à la fondation Cheikh Abdoul Aziz Sy. L’affaire, engagée depuis 2023, a été examinée ce 28 septembre 2026 devant le tribunal de grande instance hors classe de Dakar.
Situé dans la zone d’activités de Sud-Foire, le terrain correspond au lot n°12 du TF 1677/NGA, que Mme Ndiaye affirme occuper depuis 2002. La fondation, représentée par son mandataire Cheikh Tidiane Diouf, revendique pour sa part des droits sur cette parcelle.
Dans le cadre du référé, la fondation demande notamment l’expulsion de Mme Ndiaye ainsi que la démolition des constructions édifiées sur le site.
De son côté, Mme Ndiaye sollicite des vérifications auprès de la DSCOS sur l’assiette et les limites du lot, ainsi que sur les documents cadastraux et administratifs relatifs aux TF 1675/NGA et TF 1677/NGA. La défense s’interroge notamment sur le changement de référence foncière présenté comme une «erreur matérielle».
Me Youssoupha Camara : «Nous demandons que les documents soient vérifiés.»
À l’issue de l’audience, Me Youssoupha Camara, avocat de Seynabou Ndiaye, a indiqué que l’affaire a été renvoyée au 12 octobre 2026, à la demande de la partie adverse, afin de permettre à la fondation de répondre aux conclusions de la défense.
L’avocat rappelle que le bail initial invoqué par la fondation portait sur un terrain devant être distrait du TF 5.110/DG, devenu TF 1675/NGA, alors que sa cliente occupe le lot n°12 situé, selon lui, sur le TF 1677/NGA.
Maitre Camara souligne également qu’une première procédure pénale pour occupation illégale de terrain s’était soldée par la relaxe de Mme Ndiaye, le 19 janvier 2024. Selon lui, le tribunal avait alors retenu que le lot litigieux se trouvait sur le TF 1677/NGA, immatriculé au nom de l’État du Sénégal.
La défense s’interroge dès lors sur le rattachement ultérieur du bail au lot n°12 et sur la qualification de cette modification comme une simple «erreur matérielle».
Autre point soulevé : le terrain aurait été qualifié de «terrain nu» dans le bail initial et l’avenant, alors que Mme Ndiaye affirme l’occuper et le mettre en valeur depuis plusieurs années.
Pour Maitre Youssoupha Camara, il s’agit surtout de vérifier les documents et la réalité physique de la parcelle. «Nous ne demandons pas que l’on croie Seynabou Ndiaye sur parole. Nous demandons que l’on vérifie les documents», lance-t-il.
La défense souhaite ainsi que soient clarifiés l’identité exacte du lot n°12, son rattachement aux différents titres fonciers, la chaîne cadastrale ayant conduit au changement de référence ainsi que les documents ayant servi à l’établissement du bail et de son avenant.
L’audience a été renvoyée au 12 octobre 2026.