À l’approche de la Tabaski, la pression sur les espaces de vente de bétail met en évidence des dysfonctionnements récurrents dans l’organisation des foirails de la capitale du Rail. Saturation, occupation anarchique de l’espace urbain et risques sécuritaires ravivent les appels à une réforme structurelle du secteur.
Dans un communiqué transmis au journal Évidence hier, le mouvement « Thiès d’abord », dirigé par Maître Habib Vitin, dresse un constat sans détour sur la situation des foirails à Thiès, à quelques semaines de la fête de la Tabaski. Une période traditionnellement marquée par une forte activité commerciale autour du bétail, mais aussi par des tensions sur les capacités d’accueil.
Les sites de Darou Salam, Moussanté et Diamaguène Camp GMI, identifiés comme principaux points de vente, jouent un rôle central dans l’organisation de cette filière. Le mouvement salue leur existence, soulignant qu’ils ont longtemps contribué à structurer une activité jugée stratégique pour l’économie locale et les ménages.
Toutefois, le communiqué insiste sur les limites actuelles du dispositif. Le foirail du Camp GMI, bien que ne relevant pas directement de la compétence municipale, est évoqué comme un espace à fort potentiel, notamment en raison de sa proximité avec l’hypodrome Ndiaw Macodou Diop. Une situation qui, selon le mouvement, appelle un meilleur encadrement et une valorisation dans une logique d’aménagement urbain cohérent.
Au-delà de la seule période festive, « Thiès d’abord » rappelle que les foirails constituent des espaces économiques permanents, indispensables à la dynamique locale. Le mouvement invite ainsi les autorités municipales à dépasser la logique strictement fiscale pour privilégier l’amélioration des infrastructures et des conditions d’exploitation au bénéfice des usagers.
Sur le terrain, le constat est jugé préoccupant. L’afflux massif de vendeurs à l’approche de la Tabaski entraîne une saturation des sites existants, favorise des installations anarchiques et exerce une forte pression sur les quartiers environnants. Cette situation, selon le communiqué, accroît également les risques en matière de sécurité et de gestion urbaine.
Le texte pointe également les limites d’une gouvernance fragmentée des espaces concernés. L’absence de coordination entre les différentes collectivités territoriales de Thiès est présentée comme un frein majeur à toute politique d’anticipation et de planification efficace d’une activité pourtant prévisible chaque année.
Face à ces défis, le mouvement « Thiès d’abord » appelle l’État à envisager la construction d’un foirail moderne dans la ville. Une infrastructure qui, selon ses promoteurs, devrait répondre aux normes actuelles d’aménagement, de sécurité et d’organisation, afin d’améliorer à la fois les conditions de travail des acteurs et l’accueil des populations.
Au-delà des enjeux économiques, la question touche également à des dimensions sociales et culturelles fortement ancrées dans les pratiques locales. Pour le mouvement, il s’agit désormais de rompre avec une gestion jugée conjoncturelle et d’inscrire la filière dans une dynamique durable.
Dans cette perspective, « Thiès d’abord » se dit disposé à poursuivre le plaidoyer auprès des autorités, en faveur d’une meilleure organisation des foirails et d’une Tabaski mieux encadrée dans la capitale du Rail.
Anta Fofana Konaté (Correspondante)