DETTE PUBLIQUE : El Malick Ndiaye défend la transparence et la souveraineté économique

À l’ouverture de la rencontre d’experts organisée ce lundi 11 mai 2026 à Dakar par l’organisation IDEAs-Africa Network, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye, a livré un plaidoyer fort en faveur de la transparence des finances publiques, du contrôle démocratique de la dette et d’un redressement économique fondé sur la souveraineté nationale.

Placée sous le patronage du Premier ministre Ousmane Sonko, cette rencontre de haut niveau consacrée à « la crise de la dette du Sénégal dans une perspective globale » a réuni parlementaires, experts internationaux, universitaires, diplomates et représentants de la société civile autour d’un débat devenu central dans le contexte économique actuel du pays.
El Malick Ndiaye a salué ce qu’il considère comme « le choix du courage » opéré par les nouvelles autorités sénégalaises : celui d’assumer publiquement la réalité des finances de l’État.
« Le Sénégal a choisi de regarder la réalité en face », a-t-il déclaré devant les participants, évoquant les « dysfonctionnements graves » révélés dans la gestion et le suivi de l’endettement public. Pour le président de l’Assemblée nationale, la question de la dette ne peut plus être traitée comme une affaire strictement technique réservée aux experts financiers. Elle doit désormais devenir « une question démocratique majeure ».

Dans ce contexte, il a défendu une ligne de gouvernance basée sur la vérité budgétaire et la reddition des comptes. « La transparence n’est pas une faiblesse ; elle est le point de départ du redressement », a insisté El Malick Ndiaye.
Selon lui, reconnaître la réalité des comptes publics constitue une étape indispensable pour restaurer la crédibilité de l’État auprès des citoyens, des partenaires internationaux et des marchés financiers.

Le président de l’Assemblée nationale a clairement affirmé que cette option n’était pas retenue par les autorités. Une orientation qu’il présente comme un « choix souverain, responsable et assumé ».
« Le Sénégal entend assumer, corriger, réformer et avancer », a-t-il martelé, précisant que le gouvernement privilégie une stratégie reposant sur la discipline budgétaire, une gestion active de la dette et une mobilisation accrue des ressources internes.
Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du Plan de Redressement économique et social (PRES 2025-2028), de la Stratégie nationale de développement 2025-2029 ainsi que de l’Agenda national de transformation « Sénégal Vision 2050 ».

Pour El Malick Ndiaye, l’objectif est de restaurer progressivement les équilibres macroéconomiques sans compromettre les investissements essentiels dans l’éducation, la santé, l’emploi des jeunes ou les infrastructures.

Au-delà des enjeux économiques, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la dimension institutionnelle de la gestion de la dette publique.
Il a rappelé que le Parlement devait pleinement exercer son rôle de contrôle sur les engagements financiers de l’État. « Chaque emprunt engage la Nation », a-t-il souligné, estimant que la dette publique ne pouvait rester « un angle mort du contrôle parlementaire ».
El Malick Ndiaye a ainsi plaidé pour une transformation profonde de la culture parlementaire, avec davantage d’anticipation, d’évaluation et d’analyse des risques budgétaires. Depuis l’installation de la XVe législature, a-t-il rappelé, l’Assemblée nationale a engagé plusieurs réformes visant à renforcer les mécanismes de contrôle et l’évaluation des politiques publiques.
Selon lui, le contrôle parlementaire doit être perçu non comme une défiance envers l’Exécutif, mais comme « une garantie pour la République ».

Dans une dimension plus globale, le président de l’Assemblée nationale a également interpellé les partenaires internationaux sur les limites du système financier mondial.

Il a dénoncé les contradictions auxquelles sont confrontés les pays africains, appelés à plus de transparence tout en étant parfois fragilisés lorsqu’ils révèlent la réalité de leurs finances publiques.

« Nous avons besoin d’un multilatéralisme financier plus juste », a-t-il plaidé, appelant à des mécanismes internationaux mieux adaptés aux réalités des économies africaines.

Le responsable sénégalais a notamment insisté sur la nécessité de protéger les investissements essentiels au développement et de construire des solutions capables de traiter les causes profondes de la vulnérabilité financière des États.

PMF