Le processus des États généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme a organisé,ce mardi 19 mai 2026 des Comités régionaux de développement (CRD) dans les quatorze régions du Sénégal. Initiée par le ministère en charge de ces secteurs, cette vaste concertation vise à recueillir les préoccupations des acteurs afin de bâtir, de manière inclusive, de nouvelles orientations politiques adaptées aux réalités du terrain.
À Dakar, les échanges ont réuni autorités administratives, responsables culturels, artisans, opérateurs touristiques et professionnels du secteur autour des défis majeurs qui freinent encore le développement de la culture, de l’artisanat et du tourisme sénégalais.
Présidant les travaux, Ndiorro Sarr Diouf, sous-préfet Grand Dakar a rappelé que ces assises s’inscrivent dans le cadre d’une directive présidentielle destinée à dresser un état des lieux approfondi des trois secteurs stratégiques. « Ces états généraux visent à faire la situation des secteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme, afin de définir des recommandations et identifier les points faibles à améliorer », a-t-elle expliqué.
Des discussions, il ressort principalement la nécessité de revaloriser la situation sociale et économique des acteurs culturels, artisanaux et touristiques. Les participants ont également insisté sur l’urgence de construire des infrastructures modernes répondant aux normes internationales, mais aussi d’améliorer la formation professionnelle et les conditions de travail des acteurs.
Selon le sous-préfet, cette rencontre a surtout permis aux professionnels d’exprimer librement leurs difficultés quotidiennes, qu’il s’agisse des questions de financement, de couverture sociale, d’accès aux infrastructures ou encore de reconnaissance institutionnelle. « Les recommandations issues de ces travaux seront transmises aux commissions mises en place et serviront de base de plaidoyer lors de la rencontre qui sera présidée par le président de la République », a précisé Mme Diouf.
Parmi les préoccupations les plus récurrentes figure la question du statut de l’artiste. Un sujet sur lequel Fatou Sene a particulièrement insisté.
Pour la directrice du Centre culturel régional de Dakar Blaise Senghor, la loi portant statut de l’artiste existe déjà, mais son application reste confrontée à plusieurs lenteurs administratives et institutionnelles.
« Aujourd’hui, le véritable enjeu est la mise en œuvre effective des textes d’application, notamment ceux liés à la protection sociale des artistes », a-t-elle souligné, évoquant également l’instabilité institutionnelle au sein des ministères comme l’un des facteurs ralentissant le processus.
Mme Sene a également lancé un appel en faveur d’un relèvement substantiel des budgets alloués aux centres culturels régionaux. Malgré leur présence dans les quatorze régions du pays, ces structures peinent, selon elle, à assurer pleinement leurs missions faute de moyens suffisants. « On ne peut pas avoir de contenant sans contenu. Les activités culturelles ont un coût et il est aujourd’hui nécessaire de revoir à la hausse les budgets des centres culturels régionaux », a-t-elle plaidé.
La responsable culturelle a aussi insisté sur la nécessité de moderniser les infrastructures afin qu’elles répondent aux standards internationaux et permettent aux acteurs culturels de travailler dans de meilleures conditions.
Au-delà des infrastructures et du financement, les participants ont insisté sur l’importance d’une approche globale intégrant tous les maillons de la chaîne culturelle, artisanale et touristique. Pour eux, la réussite des réformes passera nécessairement par un accompagnement accru des créateurs, des artisans et des opérateurs touristiques, considérés comme les véritables moteurs de ces secteurs.
Avec ces concertations nationales, les autorités ambitionnent de poser les bases d’une politique culturelle et touristique plus inclusive, capable de répondre aux attentes des professionnels et de faire de ces secteurs des leviers majeurs de développement économique et social du Sénégal.