L’UN REPREND L’EXÉCUTIF, L’AUTRE « RÈGNE » A L’AN : Sonko et Diomaye condamnés à cohabiter à jamais

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à la nomination d’un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Al Aminou Lo. La nouvelle équipe gouvernementale se distingue par une absence totale de représentants de Pastef-Les Patriotes, le parti fondé par Ousmane Sonko et acteur majeur de l’accession au pouvoir du chef de l’État en mars 2024.

Cette composition intervient dans un contexte marqué par des tensions politiques entre le président de la République et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, limogé le 22 mai dernier. Malgré plusieurs échanges et tentatives de concertation entre les différentes parties, aucun accord n’aurait été trouvé concernant la participation de Pastef au nouvel exécutif.

Le gouvernement dirigé par Al Aminou Lo rassemble plusieurs figures connues de l’administration et de la classe politique nationale. L’absence de personnalités issues de Pastef est particulièrement remarquée, consacrant une recomposition politique majeure au sein de l’exécutif.

Composition du gouvernement

  • Yankoba Diémé, ministre des Forces armées ;
  • Cheikh Diba, ministre de l’Économie, des Finances et du Plan ;
  • Mohamedou Makhtar Cissé, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique ;
  • Cheikh Niane, ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur ;
  • Moussa Bocar Thiam, ministre de la Justice, garde des Sceaux ;
  • Marie-Angélique Mame Selbé Diouf, ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités ;
  • Boubacar Camara, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ;
  • El Hadji Abdourahmane Diouf, ministre de l’Énergie et du Pétrole ;
  • Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du Commerce ;
  • Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement ;
  • Moustapha Mamba Guirassy, ministre de l’Éducation nationale ;
  • Ibrahima Sy, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique ;
  • Moussa Bala Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires ;
  • Didier Fall, ministre des Infrastructures ;
  • Bakary Sarr, ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, porte-parole du Gouvernement ;
  • Alioune Dione, ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire ;
  • Serigne Oumar Ba, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage ;
  • Samba Diouf, ministre des Télécommunications et du Numérique ;
  • Mamoudou Lamine Dianté, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public ;
  • Khady Diène Gaye, ministre de la Jeunesse et des Sports ;
  • Alpha Sy, ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme ;
  • Idrissa Seck, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique ;
  • Cheikh Oumar Ciss, ministre des Mines et de la Géologie ;
  • Aliou Gory Diouf, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique ;
  • Abdou Khadre Ndiaye, ministre des Transports terrestres et aériens ;
  • Ami Mbengue Ndao, ministre des Pêches et de l’Économie maritime.

Ministres délégués

  • Bassirou Sarr, ministre auprès du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, chargé du Budget ;
  • Alenard Diop, ministre auprès du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, chargé de l’Économie, du Plan et de la Coopération ;
  • Ousmane Diagne, ministre auprès du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, chargé de l’Élevage ;
  • Mame Coumba Diop, ministre auprès du ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, chargée de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique.

Cette nouvelle configuration gouvernementale ouvre une séquence politique inédite. Pour la première fois depuis l’alternance de 2024, l’exécutif est formé sans participation directe de Pastef, ce qui interroge sur les futures relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et le parti d’Ousmane Sonko.

Alors que certains observateurs évoquent une rupture politique entre les deux anciens alliés, d’autres estiment que cette recomposition pourrait redéfinir durablement les équilibres institutionnels et politiques du pays.

Dans ce contexte, le gouvernement Al Aminou Lo est attendu sur de nombreux défis, notamment économiques et sociaux, dans un environnement politique en pleine reconfiguration.

Sonko et Diomaye condamnés à cohabiter 

Le paysage politique sénégalais semble désormais structuré autour d’une dualité inédite entre les deux principales figures de l’exécutif et du législatif. D’un côté, le président Bassirou Diomaye Faye apparaît comme le centre de gravité de l’exécutif à travers la formation du nouveau gouvernement dirigé par Al Aminou Lo. De l’autre, Ousmane Sonko conserve une influence déterminante à l’Assemblée nationale, où il est perçu comme un acteur politique central du bloc parlementaire.

Cette configuration institutionnelle installe de fait une forme de cohabitation politique durable entre les deux hommes, appelés à évoluer dans des sphères de pouvoir distinctes mais étroitement liées. Si l’un impulse l’action gouvernementale depuis l’exécutif, l’autre exerce une influence politique majeure au sein du pouvoir législatif.

Dans ce contexte, la relation entre les deux anciens alliés devient un élément structurant de la vie politique nationale, marquée par une nouvelle répartition des rôles et des équilibres encore en construction.