Le communiqué publié par la Senelec pour informer de « perturbations temporaires » du réseau électrique national soulève de nombreuses interrogations. Alors que la société évoque des contraintes exceptionnelles liées à l’indisponibilité de certains moyens de production et à des travaux de maintenance sur la centrale Karpowership (KPS), la question que se posent de nombreux Sénégalais est simple : le pays s’achemine-t-il vers un retour des délestages ?
Selon la Senelec, cette situation intervient dans un contexte de forte demande en électricité, aggravée par les températures élevées enregistrées à travers le territoire. L’entreprise assure avoir mobilisé l’ensemble des moyens de production disponibles afin de limiter les impacts sur les usagers.
Toutefois, l’annonce selon laquelle « des interruptions de service pourraient être observées dans certaines localités » ressemble, pour de nombreux observateurs, à une manière d’annoncer des coupures ciblées sans employer le terme de délestage. Si la Senelec insiste sur le caractère temporaire de ces perturbations, les consommateurs, eux, redoutent une dégradation progressive de la qualité du service.
Cette situation relance également le débat sur la résilience du système électrique national. Comment expliquer qu’une opération de maintenance sur une centrale puisse entraîner des risques de perturbations à l’échelle nationale ? Le Sénégal dispose-t-il aujourd’hui de marges de production suffisantes pour faire face à une hausse saisonnière de la demande ?
Alors que les autorités mettent régulièrement en avant les progrès réalisés dans le secteur énergétique, cette nouvelle alerte rappelle la nécessité de renforcer davantage les capacités de production et les mécanismes d’anticipation afin d’éviter le retour d’une période que les Sénégalais espéraient définitivement révolue.
Pour l’heure, la Senelec se veut rassurante et affirme que ses équipes sont pleinement mobilisées pour rétablir les capacités de production concernées dans les meilleurs délais. Mais sur le terrain, une question demeure : les perturbations annoncées ne sont-elles que temporaires ou constituent-elles les prémices de nouveaux délestages ?