RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Abdourahmane Diouf met en garde contre une « dérive idéologique »

Le débat sur la révision constitutionnelle continue d’alimenter les vives tensions au sein de la classe politique sénégalaise. Lors d’une prise de parole particulièrement offensive, ce dimanche 28 juin 2026, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, par ailleurs membre de la coalition Diomaye Président, a frontalement critiqué le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Il l’accuse de vouloir imposer à l’État une logique doctrinale et révolutionnaire qu’il juge incompatible avec les principes fondamentaux de la République.

D’emblée, le responsable politique a tenu à dissocier la stabilité institutionnelle, incarnée selon lui par le président de la République, de ce qu’il qualifie d’ambitions personnelles hégémoniques au sommet de l’État. « Tant que le président Bassirou Diomaye Faye sera au pouvoir, il y aura un message de paix », a-t-il affirmé, avant d’ajouter avec fermeté que le Sénégal demeure avant tout « une République fondée sur des intérêts collectifs et non sur les intérêts exclusifs d’un seul homme ».

Les cinq épisodes d’une crise politique majeure

Abdourahmane Diouf a remis en cause la stratégie politique de Pastef autour de la révision constitutionnelle. Le ministre de l’Énergie dénonce une logique qu’il qualifie de « doctrinale » et estime que la séquence actuelle s’inscrit dans une continuité de cinq épisodes politiques majeurs.

Selon lui, le Sénégal doit rester ancré dans une stabilité institutionnelle incarnée par le président Bassirou Diomaye Faye, garant, selon ses termes, d’un « message de paix » et de l’équilibre de l’État.

Pour Abdourahmane Diouf, la crise actuelle autour de la réforme constitutionnelle n’est pas un épisode isolé, mais s’inscrit dans une dynamique politique qu’il qualifie de séquentielle.

Le premier épisode concerne, selon lui, la désignation du ticket présidentiel et les choix stratégiques ayant conduit à la candidature de Bassirou Diomaye Faye. Il estime que cette décision relève d’une orientation politique orchestrée par Ousmane Sonko.

Le deuxième épisode correspond à ce qu’il qualifie de « reniement » du mandat parlementaire. Il affirme que les députés ont été élus pour soutenir l’action du président de la République et non pour redéfinir les équilibres institutionnels.

Poursuivant son argumentaire, Abdourahmane Diouf s’oppose fermement à toute tentative d’introduire une logique qu’il juge révolutionnaire dans le fonctionnement de l’État. « Nous n’avons pas un guide, nous avons un président de la République », a-t-il déclaré, rappelant que les institutions sénégalaises reposent sur des principes républicains et non sur une dynamique de rupture idéologique.

Il estime que toute tentative de transformation profonde du système en dehors du cadre institutionnel constituerait une dérive politique.

Le ministre est également revenu sur les déclarations d’Ousmane Sonko concernant les fonds communs et les rémunérations au sommet de l’État. Il lui reproche d’entretenir une ambiguïté sur les montants évoqués ainsi que sur leur périodicité.

Il s’interroge enfin sur le calendrier de certaines prises de parole publiques, qu’il juge politiquement opportunistes.

En conclusion, Abdourahmane Diouf annonce une opposition ferme aux réformes portées par Pastef, tout en assurant que cette opposition s’exercera dans le strict respect des règles démocratiques. Il appelle enfin à préserver les équilibres institutionnels et à éviter toute reconfiguration brutale de l’architecture de l’État.