FORTES PLUIES, ROUTES IMPRATICABLES, MAISONS INONDÉES : L’éternel cauchemar

Les fortes pluies qui se sont abattues ce mardi 15 septembre sur plusieurs localités du pays ont une nouvelle fois mis à nu la vulnérabilité des villes sénégalaises face aux eaux pluviales. À Dakar comme à Thiès, des quartiers et axes routiers se sont retrouvés sous les eaux, avec des populations contraintes de faire face, souvent avec leurs propres moyens, aux conséquences des intempéries.

Dans la capitale, le secteur du Centenaire et les abords de la Grande Mosquée de Dakar ont particulièrement été touchés. Les chaussées recouvertes d’une importante nappe d’eau, les véhicules partiellement immergés et les difficultés rencontrées par les piétons témoignent de l’ampleur des précipitations.

Un bus de SUNU BRT s’est notamment retrouvé dans un couloir envahi par les eaux. Les voies de circulation, de part et d’autre des barrières, étaient fortement submergées. Taxis et véhicules particuliers ont également dû évoluer dans des conditions particulièrement difficiles.

À Thiès, les fortes pluies accompagnées de rafales ont également éprouvé plusieurs quartiers périphériques de la cité du Rail. À Keur Issa, Buntu Dépôt, Médina Fall, Darou Salam ou encore Silmang, des habitants ont vu les eaux s’infiltrer dans certaines habitations.

Dans plusieurs maisons, les familles ont dû se mobiliser elles-mêmes pour évacuer les eaux et tenter de limiter les dégâts. Une scène devenue malheureusement familière au Sénégal dès que les pluies deviennent importantes.

Des milliards investis, mais des images qui se répètent

Cette nouvelle situation pose une question de fond : combien de temps encore les populations devront-elles subir les mêmes conséquences à chaque épisode pluvieux important ?

Depuis plusieurs années, les différents gouvernements qui se sont succédé ont annoncé des programmes, des plans d’urgence, des projets d’assainissement et des infrastructures destinées à réduire le risque d’inondation. Le Sénégal dispose notamment d’une Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations et a engagé plusieurs programmes, dont le PROGEP II et le Programme décennal de gestion des inondations. (Ministère de la Santé)

Le gouvernement actuel affirme lui aussi avoir renforcé le dispositif. Un Conseil interministériel consacré aux inondations s’est tenu le 3 juillet 2026, tandis que des opérations de curage ont été lancées à Dakar dès le mois d’août. Début septembre, le ministère annonçait également le renforcement de ses moyens d’intervention avec de nouveaux équipements de pompage. (Ministère de la Santé)

Mais sur le terrain, les images de ce mardi interrogent fortement l’efficacité de ces mesures.

Car pour les populations, le constat est simple : à chaque grande pluie, les mêmes quartiers se retrouvent sous les eaux, les mêmes routes deviennent impraticables et les mêmes familles se retrouvent à chercher des solutions dans l’urgence.

Le sentiment d’abandon gagne les populations

Au-delà de la question des infrastructures, c’est désormais le sentiment d’abandon qui domine chez de nombreux citoyens confrontés aux inondations.

Des familles qui pompent elles-mêmes l’eau de leurs maisons, des automobilistes bloqués sur des axes transformés en véritables mares, des piétons obligés de progresser difficilement dans les eaux : ces scènes posent la question de la capacité de l’État et des collectivités territoriales à anticiper suffisamment les conséquences des pluies.

La responsabilité ne peut d’ailleurs pas être attribuée à un seul gouvernement. Les difficultés sont anciennes et les autorités sénégalaises reconnaissent depuis longtemps le caractère structurel du problème, lié notamment à l’urbanisation, à l’insuffisance du drainage et à l’exposition de certains territoires au risque d’inondation. (Ministère de la Santé)

Mais c’est précisément pour cette raison que l’impatience des populations est aujourd’hui forte : après plusieurs années de programmes et d’annonces, elles attendent désormais des résultats visibles et durables.

Le gouvernement actuel attendu au tournant

Pour le pouvoir en place, cette nouvelle séquence constitue donc un véritable test. Les annonces de prévention et les dispositifs institutionnels existent, mais leur efficacité doit désormais être mesurée à l’aune de la réalité vécue par les populations.

Le défi n’est plus seulement de mobiliser des motopompes après les pluies. Il s’agit de parvenir à empêcher que les mêmes zones soient systématiquement submergées, d’améliorer durablement les réseaux de drainage, de sécuriser les quartiers vulnérables et d’assurer une intervention rapide lorsque les précipitations dépassent les capacités habituelles des infrastructures.

Dakar, Thiès et d’autres villes sénégalaises ne peuvent pas continuer à découvrir leurs failles hydrauliques à chaque saison des pluies.

L’hôpital philippe maguilen senghor appelle à l’aide

« Les eaux ont envahi tout le bureau », alerte un responsable de l’établissement

Les fortes pluies qui se sont abattues sur Dakar ce mardi 15 septembre 2026 n’ont pas épargné l’hôpital Philippe Maguilen Senghor de Yoff. L’établissement sanitaire s’est retrouvé confronté à d’importantes infiltrations d’eau, perturbant plusieurs espaces de travail et de prise en charge des patients.

« Les eaux ont envahi tout le bureau », décrit un responsable de l’hôpital, témoignant de l’ampleur de la situation. Le bureau du médecin-chef, le secrétariat général ainsi que plusieurs autres bureaux ont été envahis par les eaux.

Dans certains espaces, le niveau de l’eau a atteint les tables. Des chaises ont même été déposées sur celles-ci afin de les préserver de l’inondation.

Des patients évacués des espaces inondés

Les couloirs de l’établissement n’ont pas non plus été épargnés. L’espace habituellement destiné à l’accueil et à l’attente des patients s’est retrouvé fortement inondé, contraignant les responsables à procéder à leur évacuation afin de les mettre à l’abri.

La situation est d’autant plus préoccupante que, selon les éléments rapportés par PressAfrik, la pompe utilisée pour évacuer les eaux serait actuellement en panne, empêchant son fonctionnement au moment où l’établissement en a le plus besoin.

Un appel à l’aide pour une intervention urgente

Face à cette situation, un responsable de l’établissement a lancé un appel à l’aide afin d’obtenir rapidement les moyens nécessaires au pompage des eaux et au rétablissement des conditions normales de fonctionnement de l’hôpital.

Cette nouvelle inondation pose également la question de la vulnérabilité des infrastructures sanitaires face aux fortes précipitations. Dans un établissement appelé à assurer la continuité des soins, l’envahissement des bureaux, des couloirs et des espaces réservés aux patients constitue une situation particulièrement préoccupante.

Alors que les pluies continuent de mettre plusieurs quartiers de Dakar à rude épreuve, l’urgence est désormais de procéder à l’évacuation des eaux de l’hôpital et de permettre au personnel comme aux patients de retrouver des conditions de prise en charge normales. Les populations ne demandent plus seulement des promesses, des réunions interministérielles ou des opérations ponctuelles de pompage. Elles attendent une politique publique capable de produire des résultats concrets sur le terrain.