L’administratrice générale du Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP), Ndèye Fatou Mbodj, était l’invitée ce jeudi de l’émission « Faram Facce » sur la TFM. Pendant plusieurs minutes, elle est revenue sans détour sur les sujets qui entourent sa gestion, mais aussi sur son parcours politique et ses relations avec Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.
Face aux questions de l’animateur, Ndèye Fatou Mbodj a d’abord assumé les décisions prises concernant certains agents du FONGIP. Les licenciements intervenus au sein de la structure, elle les revendique comme des choix de gestion. Pour elle, ces décisions ont été prises dans l’intérêt de la boîte dont elle a aujourd’hui la responsabilité. L’administratrice générale estime notamment que le mode de recrutement de certains agents n’était pas approprié et qu’il fallait, à son arrivée, revoir certaines pratiques. « Je l’assume en tant que dirigeante », a-t-elle en substance expliqué, estimant qu’un responsable doit pouvoir prendre les décisions nécessaires lorsqu’il considère que l’intérêt de l’institution est en jeu.
« Je ne dois rien à Ousmane Sonko »
Mais c’est surtout sur le terrain politique que l’entretien a pris une autre dimension. Ndèye Fatou Mbodj est revenue sur sa déclaration selon laquelle elle ne devait rien à Ousmane Sonko. Elle a tenu à replacer cette phrase dans le contexte de son engagement au sein de Pastef. Selon elle, lorsqu’elle militait dans le parti, elle n’a fait que ce qu’elle estimait être son devoir. Elle affirme avoir travaillé pendant plus de dix ans avec Bassirou Diomaye Faye à différents niveaux au sein de Pastef. Elle assure ainsi avoir été au cœur de nombreuses réflexions et activités du parti, rappelant que le président Diomaye Faye était, selon son récit, l’une des personnes qui participaient directement à la conception de ce qui se faisait.
Elle révèle également que c’est Bassirou Diomaye Faye qui l’avait personnellement appelée lorsqu’elle devait rejoindre le FONGIP. « Je serais une traître si je trahissais Diomaye », a-t-elle laissé entendre, rappelant qu’elle n’a signé de « CDI » politique avec personne.
« Je ne suis pas une traître »
Très à l’aise sur cette question, Ndèye Fatou Mbodj refuse justement l’étiquette de « traître » qui lui est parfois attribuée. Elle revendique ses convictions, son parcours et ses valeurs familiales. « Je ne suis pas une traître », insiste-t-elle, expliquant qu’elle est issue d’une lignée de noblesse et qu’elle ne pourrait, selon elle, se permettre certaines pratiques. Son éloignement de Pastef, explique-t-elle, n’aurait donc rien à voir avec son poste au FONGIP. Elle dit simplement ne plus se retrouver dans le parti comme auparavant. Elle rejette par conséquent les interprétations selon lesquelles elle aurait changé de position parce que son poste serait menacé ou parce qu’elle aurait subi une quelconque pression.
Le marché qui aurait été attribué à son mari : « C’est impossible »
Autre sujet sensible abordé sur le plateau : les accusations selon lesquelles elle aurait attribué un marché du FONGIP à son mari. Sur ce point, Ndèye Fatou Mbodj a été catégorique. Elle dément et met quiconque au défi d’apporter des preuves. Selon elle, il serait tout simplement impossible qu’elle attribue un marché de l’État à son époux. Elle va même plus loin en affirmant que son mari n’a aucunement besoin d’un marché du FONGIP. « Mon mari est à l’abri des besoins. C’est lui qui peut aider le FONGIP et l’État et non le contraire », a-t-elle déclaré.
L’administratrice générale se dit également prête à répondre à ceux qui l’accusent de malversations, à condition que ces accusations soient accompagnées de preuves.
Sonko : « C’est lui qui a eu tort »
L’entretien a également permis à Ndèye Fatou Mbodj de revenir sur ses propos tenus précédemment sur Walf TV concernant le différend entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye. Elle tient d’abord à préciser qu’elle garde « énormément de respect » pour Ousmane Sonko et qu’elle ne lui manquerait jamais de respect. Mais cette considération, dit-elle, ne l’empêche pas de parler politique et de dire ce qu’elle pense. Sur le bras de fer entre Sonko et Diomaye, elle assume clairement sa lecture : selon elle, Ousmane Sonko a eu tort dans cette affaire, notamment à travers ses déclarations sur l’autorité du président de la République.
Elle revient notamment sur le jour où le Premier ministre avait déclaré que le pays manquait d’autorité. Des propos qui, selon elle, avaient alors surpris et choqué beaucoup de personnes.
Ndèye Fatou Mbodj affirme même que, si elle avait été à la place de Bassirou Diomaye Faye, elle se serait séparée d’Ousmane Sonko dès ce moment. Pour elle, les propos tenus par la suite à l’Assemblée nationale ont constitué « la goutte d’eau de trop », donnant, selon son interprétation, le sentiment que le Premier ministre voulait lui-même provoquer son limogeage.
Autre révélation de l’émission : les échanges qu’elle dit avoir eus avec les deux hommes au moment où leurs relations commençaient à se tendre.
Ndèye Fatou Mbodj affirme avoir personnellement appelé Ousmane Sonko pour lui faire part de ses inquiétudes concernant ses relations avec Bassirou Diomaye Faye.
Elle dit également avoir tenté de joindre le président de la République. Mais ce dernier ne lui aurait pas répondu dans un premier temps. Après sa sortie sur Walf TV, elle raconte avoir finalement rencontré Bassirou Diomaye Faye et lui avoir demandé pourquoi il n’avait pas décroché.
La réponse du chef de l’État, selon son récit, aurait été simple : « Je ne voulais pas influencer ta décision. » Pour Ndèye Fatou Mbodj, cette réponse est importante. Elle estime qu’elle permet de comprendre qu’elle n’a pas été poussée ou manipulée par le président dans sa prise de position.
Par Sadio FATY