DIALOGUE DES TERRITOIRES : Le HCDS pose les bases d’une nouvelle gouvernance sociale

Réunis à Saly pour la 44e Assemblée plénière du Haut Conseil du Dialogue social (HCDS), les acteurs institutionnels, élus, employeurs et représentants des travailleurs ont insisté sur la nécessité d’intégrer pleinement le dialogue social dans la réforme de la décentralisation.
Le projet d’Acte IV de la décentralisation était au cœur des échanges de la 44e Assemblée plénière du Haut Conseil du Dialogue social. Placée sous le thème « Le dialogue des territoires dans le contexte de l’Acte IV de la décentralisation », la rencontre vise à réfléchir aux mécanismes permettant d’accompagner la transformation de la gouvernance territoriale.
Le président du HCDS, Faly Seck, a rappelé les orientations annoncées par le chef de l’État lors de la rencontre nationale du 2 juillet 2026 sur l’Acte IV et les Pôles-Territoires. Il a notamment évoqué un « acte fondateur » et un « acte de confiance », estimant que la réussite de la réforme dépendra aussi de la capacité des acteurs sociaux à accompagner les territoires.
Selon lui, aucune réforme territoriale ne peut réussir sans les travailleurs et les entreprises. Il relève notamment la faiblesse de l’ingénierie locale et l’insuffisante implication des organisations syndicales et patronales dans les mécanismes de gouvernance territoriale.
Pour y remédier, le HCDS entend proposer la création, dans chacun des huit pôles territoriaux envisagés, de Conseils territoriaux du dialogue social. Ces structures tripartites auraient trois missions principales : prévenir les conflits, participer à la co-construction des politiques de développement local et assurer le suivi du Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive et durable signé le 1er mai 2025.
Représentant le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, Arona Ba a, pour sa part, souligné que l’Acte IV doit permettre de corriger les insuffisances de l’Acte III, notamment en matière de compétences transférées, de finances locales, de fonction publique territoriale, de statut de l’élu et de participation citoyenne.
Il a également insisté sur la nécessité de rapprocher compétences, ressources et responsabilités, tout en renforçant les mécanismes de financement des collectivités et la coopération entre territoires.
Du côté des employeurs, Meissa Fall, vice-président du groupe Employeurs du HCDS, a plaidé pour un dialogue social territorial « solide, permanent et inclusif ». Il souhaite une implication accrue des entreprises dans les politiques locales liées à l’emploi, à la formation, aux investissements et à l’environnement des affaires.

Le groupe des employeurs formule trois priorités dont l’institutionnalisation des cadres de dialogue social territorial, le renforcement les capacités des collectivités et des partenaires sociaux, notamment pour prévenir les conflits fonciers, et développer des partenariats public-privé favorisant l’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat féminin et la compétitivité des économies locales.

PMF