ACCORD BBNJ : Sénégal mise sur la science et la coopération pour préserver la haute mer

L’atelier national de sensibilisation multisectorielle et parlementaire consacré à l’Accord BBNJ sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones ne relevant pas de la juridiction nationale s’est tenu ce mercredi 16 septembre. Cette rencontre entre dans le cadre de renforcer l’appropriation de cet instrument international et d’accompagner le processus national de ratification et sa future mise en œuvre.
Adopté le 19 juin 2023 après près de deux décennies de négociations, l’Accord BBNJ est entré en vigueur au niveau international le 17 janvier 2026. Il porte notamment sur les ressources génétiques marines et le partage des avantages, les outils de gestion par zone et les aires marines protégées, les évaluations d’impact environnemental ainsi que le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines.
Représentant le Directeur des Aires marines communautaires protégées (AMCP), le capitaine Jean Valentin Samadi a souligné l’importance stratégique de l’accord pour le Sénégal, dont l’histoire, l’économie et les communautés côtières sont fortement liées à l’océan.
« La protection de l’océan n’est pas une option, elle constitue une nécessité stratégique », a-t-il déclaré.
Pour le représentant des AMCP, la mise en œuvre de l’accord nécessitera une mobilisation de plusieurs secteurs, notamment l’environnement, les affaires étrangères, la pêche, la recherche scientifique, les affaires maritimes, la sécurité maritime, la justice, les finances et la coopération. Le Parlement, les universités, le secteur privé, la société civile et les organisations professionnelles sont également appelés à y prendre part.
La recherche scientifique occupe une place centrale dans cette dynamique. Le Sénégal entend renforcer ses capacités afin de mieux connaître les écosystèmes de haute mer, développer ses compétences et accroître sa participation aux programmes internationaux de recherche océanographique. « Le Sénégal doit être non seulement un bénéficiaire des connaissances produites sur l’océan, mais également un producteur de connaissances », a insisté Jean Valentin Samadi.
De son côté, l’honorable député Samba Dang, président du Réseau des parlementaires pour la protection de l’environnement au Sénégal (REPES), a salué l’organisation de l’atelier. Il a rappelé qu’il intervient à quelques mois de la première Conférence des parties (COP) du traité BBNJ, prévue du 11 au 22 janvier 2027 à New York.
Le parlementaire a indiqué que l’Assemblée nationale sénégalaise figure parmi les premières à avoir voté le projet de loi de ratification du BBNJ. Il a appelé les députés à mieux maîtriser les enjeux liés à la haute mer afin d’exercer pleinement leurs missions législatives et de contrôle.
Samba Dang a également insisté sur les défis particuliers auxquels sont confrontés les pays africains en raison de leurs capacités technico-scientifiques limitées, tout en soulignant les possibilités offertes par les mécanismes de financement et d’assistance technique prévus dans le cadre de l’accord.
Avec l’appui du PNUE et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), l’atelier doit ainsi contribuer à identifier les besoins juridiques, institutionnels et techniques du Sénégal et à poser les bases d’une feuille de route concertée pour la ratification et la mise en œuvre effective de l’Accord BBNJ.

PMF