CRISE DE L’ÉLECTRICITÉ À KAHONE : Les populations montent au créneau

Les populations de Kahone, dans la région de Kaolack, expriment leur exaspération face aux coupures récurrentes d’électricité qui affecteraient la commune depuis plusieurs années. Pour porter leurs revendications, des citoyens ont mis en place le Collectif pour la défense des intérêts de Kahone (CDIK), une structure présentée comme apolitique et citoyenne.

Dans une correspondance adressée à la mairesse de Kahone, le collectif dénonce des interruptions « intempestives et récurrentes » de la fourniture d’électricité, qu’il situe depuis 2022. Selon ses membres, ces coupures auraient également occasionné des dégâts matériels, sans qu’une réponse satisfaisante de la SENELEC n’ait, à leurs yeux, été apportée.

Le CDIK s’interroge surtout sur une situation qu’il juge paradoxale : Kahone abrite deux centrales thermiques ainsi que deux centrales solaires, pour une capacité cumulée annoncée d’environ 160 MW, tout en continuant à subir des coupures de courant.

Le collectif rappelle qu’en 2015, lors de l’inauguration de la centrale Kahone 2, l’ancien président Macky Sall avait évoqué l’objectif de mettre la commune à l’abri des délestages et de poursuivre l’électrification des quartiers.

Aujourd’hui, les membres du CDIK demandent au président Bassirou Diomaye Faye d’intervenir à son tour afin qu’une solution durable soit trouvée. Ils appellent également les ressortissants du Saloum occupant des responsabilités au sein de l’État à se mobiliser en faveur de cette revendication.

Des inquiétudes environnementales

Au-delà de l’électricité, le collectif soulève plusieurs préoccupations liées à l’impact des installations énergétiques sur la commune.

Il rappelle que Kahone aurait mis à disposition plus de 150 hectares de terres cultivables pour les infrastructures liées à la production électrique. En contrepartie, les populations estiment subir aujourd’hui plusieurs nuisances.

Le CDIK évoque notamment des vibrations attribuées aux alternateurs de la SENELEC, qui auraient, selon lui, provoqué des fissures sur des bâtiments. Le collectif dénonce également les effets du système d’évacuation des eaux usées de Wartsila sur l’environnement, notamment autour du bras de mer de Kahone, ainsi que les rejets des cheminées des centrales thermiques.

Le retour à une alimentation prioritaire réclamé

Face à cette situation, le CDIK demande le retour de Kahone à une alimentation électrique prioritaire et souhaite retrouver la situation d’avant 2022, avec une fourniture d’électricité sans délestage.

Le collectif sollicite enfin l’organisation d’une rencontre à Kahone réunissant les responsables régionaux de la SENELEC et leurs équipes techniques, la mairesse et les représentants du CDIK.

À travers cette démarche, les populations veulent surtout obtenir des réponses concrètes sur les raisons des coupures et sur les mesures envisagées pour garantir une alimentation électrique stable dans une commune qui accueille pourtant d’importantes infrastructures de production d’électricité.