LANCEMENT DE DEUX IMPORTANTS PROJETS AGRO-INDUSTRIELS : Serigne Guèye Diop met la Casamance en mode industriel

11,7 milliards pour le parc agro-industriel de Bambali, 2,7 milliards pour l’Agropole de Sédhiou : le ministre de l’Industrie et du Commerce accélère la transformation des ressources locales et mise sur l’emploi dans les territoires.

La Casamance veut désormais transformer davantage ce qu’elle produit. C’est le cap affiché par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, à travers le lancement de deux importants projets agro-industriels à Sédhiou et à Bambali.

À Sédhiou, le ministre a procédé au lancement des travaux de l’Agropole, une plateforme appelée à accueillir des entreprises spécialisées dans la transformation des ressources locales. Plus de 2,7 milliards de francs CFA, mobilisés notamment avec le concours de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque islamique de développement (BID), sont annoncés pour cette première phase.

L’objectif est de créer les conditions permettant aux opérateurs économiques de s’installer au plus près des zones de production et de transformer les matières premières sur place. Une orientation qui place la valeur ajoutée, l’investissement privé et l’emploi au cœur de la stratégie industrielle.

SERIGNE GUÈYE DIOP AUX COMMANDES D’UNE NOUVELLE DYNAMIQUE

Le choix de Sédhiou traduit également une volonté de rapprocher l’outil industriel des territoires producteurs. Dans cette perspective, l’Agropole est appelée à constituer une plateforme de connexion entre producteurs, entreprises de transformation et marchés.

Le maire de Djendé, commune choisie pour accueillir l’infrastructure, s’est félicité de cette implantation, mettant en avant les retombées économiques attendues et son impact sur la territorialisation des politiques publiques.

Le ministre de l’Industrie et du Commerce a, de son côté, salué l’adhésion des populations au projet. Un point d’autant plus important que les opérations d’aménagement impliquent des enjeux fonciers et sociaux.

Les autorités ont assuré que les personnes affectées par le projet avaient été indemnisées. Une démarche saluée par leur porte-parole, qui a exprimé sa satisfaction quant à la prise en compte des intérêts des populations concernées.

SADIO MANÉ ENTRE DANS LA CHAÎNE DE TRANSFORMATION

Quelques séquences plus loin, Dr Serigne Guèye Diop a également procédé à la pose de la première pierre du parc agro-industriel de Bambali, dont le site est situé à Koutoubou.

Porté par l’international sénégalais Sadio Mané, le projet représente un investissement annoncé de 11,7 milliards de francs CFA. Son ambition : donner une nouvelle dimension à la filière mangue en Casamance à travers la transformation industrielle.

Les projections sont significatives : 8 500 tonnes de production sur 500 hectares de plantations, avec 1 000 emplois directs attendus dans une première phase et 2 500 emplois supplémentaires annoncés dans les prochaines années.

Pour les autorités, cette initiative illustre la possibilité de mobiliser des investissements privés et des initiatives citoyennes autour des potentialités économiques des territoires.

54 MILLIARDS POUR CHANGER D’ÉCHELLE

L’Agropole de Sédhiou et le parc agro-industriel de Bambali s’inscrivent dans une ambition nationale plus large. Le programme national des agropoles est annoncé avec une enveloppe de 54 milliards de francs CFA pour 47 sites, avec des projections de plusieurs centaines de milliers d’emplois directs et indirects.

À Sédhiou, les objectifs annoncés dépassent 10 000 emplois, particulièrement au profit des jeunes et des femmes.

Derrière les chiffres, le chantier porte sur une transformation du modèle économique : produire localement, transformer davantage sur place et conserver une part plus importante de la valeur ajoutée dans les territoires.

C’est dans cette perspective que Dr Serigne Guèye Diop inscrit ces projets dans la dynamique de « Sénégal 2050 », avec l’industrialisation et la transformation des potentialités territoriales présentées comme des leviers de création de richesses et d’emplois.

À Sédhiou comme à Bambali, le mot d’ordre est désormais le même : faire de la matière première locale un produit transformé, de la production une industrie et de l’industrie un moteur d’emploi.

Anta Fofana Konaté(Correspondante)