Un match de football opposant les villages de Saldé et de Wassétaké, dans le département de Podor, a viré à l’affrontement entre supporters. Les violences ont fait plusieurs blessés, dont certains ont dû être évacués vers des structures sanitaires. Des biens et équipements publics ont également été vandalisés, plongeant la localité dans une vive tension et obligeant le sous-préfet à prendre un arrêté de suspension.
La tension est vive dans la commune de Boké Dialloubé, dans le département de Podor, après de violents affrontements ayant émaillé unmatch de football opposant deux villages voisins, Saldé et Wassétaké. Plusieurs personnes ont été blessées et des biens publics, notamment des panneaux de signalisation, été vandalisés. La situation s’est également propagée aux villages voisins de Wassétaké et de Barobé, où de nouveaux affrontements ont été signalés.
Les incidents ont débuté mardi, en fin d’après-midi, lors d’un match opposant Wassétaké à Saldé. Alors que l’équipe de Saldé venait d’obtenir un penalty, le tir a été raté. Avant même que le ballon ne revienne au centre du terrain, deux joueurs, l’un de Saldé et l’autre de Wassétaké, se sont accrochés. La confrontation entre les deux joueurs a rapidement dégénéré, avec l’intervention de supporters.
Selon les témoignages recueillis sur place, les supporters de Wassétaké seraient intervenus les premiers sur le terrain, avant une riposte de ceux de Saldé. Une pluie de pierres s’est alors abattue sur les lieux, faisant plusieurs blessés.
Présents sur place, les gendarmes n’ont pas réussi à contenir les affrontements. En sous-effectif et eux-mêmes exposés aux risques, ils auraient été contraints de se retirer. Les violences se sont ainsi poursuivies pendant plusieurs heures, jusque tard dans la soirée.
Le bilan fait état de nombreux blessés dans les deux camps. Parmi les victimes figure Aliou Anne, originaire de Wassétaké, qui s’est retrouvé avec un bras cassé et a été évacué vers l’hôpital de Ndioum. D’autres victimes ont également été signalées.
La violence s’étend aux villages voisins
Les violences ne se sont pas limitées au terrain de football. La tension s’est propagée entre Wassétaké et Barobé, deux villages voisins. Des affrontements y ont été signalés alors même qu’aucune rencontre sportive ne s’y déroulait.
Les habitants ont vécu des scènes de violence particulièrement préoccupantes. Les affrontements se sont poursuivis jusque tard dans la soirée de mardi et ont repris mercredi matin, faisant de nouveaux blessés. Cette situation inquiète d’autant plus que les deux villages sont géographiquement très proches et entretiennent traditionnellement des relations de bon voisinage.
Violences à répétition
Les violences ont également entraîné d’importants dégâts matériels. Plusieurs panneaux de signalisation installés le long de la route reliant Saldé à Wassétaké ont été arrachés et détruits.
Ces violences ne seraient malheureusement pas isolées. D’autres affrontements ont récemment opposé des villages dans le cadre du même tournoi. Des incidents similaires avaient notamment été signalés entre Boké Dialloubé et Galoya, faisant également plusieurs blessés.
Une autre confrontation entre Boké Salsalbé et Boké Mbaybé avait même donné lieu à des poursuites judiciaires et au déferrement de plusieurs protagonistes devant la justice. Ces derniers avaient finalement décidé de se pardonner, sans pour autant faire complètement disparaître les tensions.
Ces différents incidents sont liés aux compétitions organisées dans la commune, notamment le «Tournoi Émergence de Bango»et le «Tournoi communal», organisés sous l’égide du maire de Bokidiawé, Abdoulaye Daouda Diallo.
Pour mettre un terme à ces violences et«préserver l’ordre public», le sous-préfet de l’arrondissement de Saldé a décidé de suspendre «jusqu’à nouvel ordr
Abou KANE