« Il ne faut jamais mettre le Sénégal entre des mains inexpertes. », Ousmane Tanor Dieng.
Cette sentence, prononcée avec la lucidité et la hauteur d’un homme d’État aguerri, résonne aujourd’hui avec une acuité particulière. Elle nous rappelle que l’exercice du pouvoir suprême n’est pas un laboratoire d’essai, ni une tribune permanente destinée à galvaniser les foules par des effets de manche.
Suite à la récente conférence de presse du Premier ministre Al Amine Lo et au point de presse du parti PASTEF — cette même formation politique qui a porté auver le Président Bassirou Diomaye Faye — autour du vote de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2026 et de la Loi de Finances Initiale (LFI) 2027, une triste réalité s’impose à nous. Le gouvernement et le PASTEF se livrent une bataille médiatique stérile qui n’apporte absolument rien au soulagement des souffrances du peuple sénégalais.
Au lieu de se pencher sur les urgences de l’heure, la cherté de la vie et la précarité quotidienne, les acteurs au pouvoir s’enferment dans une surenchère verbale permanente.
Ceux qui nous dirigent aujourd’hui ont ardemment cherché ce pouvoir. Ils l’ont conquis et obtenu par le discours, par la promesse d’une rupture et par une rhétorique incantatoire. Mais ils semblent aujourd’hui prisonniers de cette matrice, convaincus qu’on peut administrer une nation par le simple concours de la prise de parole en public.
À chaque difficulté, à chaque impasse budgétaire ou institutionnelle, on oppose un élément de langage ou un meeting médiatique, comme si les mots avaient le pouvoir magique de remplir les marmites des ménages ou de créer des emplois durables. Gouverner requiert de la méthode, de la prévision et une technicité avérée, loin des improvisations politiciennes. Lorsque l’amateurisme s’installe aux commandes, le verbe devient un piètre cache-sexe.
Face à cette fuite en avant et à cette théâtralisation de la scène politique qui paralyse l’action publique, le statu quo n’est plus permise. Si cette cacophonie institutionnelle et cette incapacité à se focaliser sur les urgences du pays persistent, le Président de la République doit prendre ses responsabilités et user de ses prérogatives constitutionnelles, notamment en application de l’article 87 de la Constitution qui l’autorise à prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale afin de redonner la parole au peuple souverain.
Au-delà des institutions, c’est un sursaut patriotique qui est exigé. Le Mouvement RACINES SOCIALISTES appelle solennellement à une Union nationale du peuple pour exiger l’arrêt immédiat de cette comédie politicienne. Le Sénégal n’est pas le théâtre d’une surenchère verbale entre alliés d’hier ou rivaux du jour.
Le peuple sénégalais est fatigué. Il exige du pain, de la paix et de la dignité, pas des querelles de chapelles. Il est grand temps de remettre le Sénégal entre des mains expertes.
A Dakar le 25 octobre 2026
*Moustapha DIAW*
Président de RACINES SOCIALISTES