ENTREPRISES ET DROIT DE L’ENFANT : Le Ministère de la Justice lance un dialogue stratégique

La Direction des Droits Humains du
Ministère de la Justice a organisé ce mardi un atelier national de sensibilisation et d’échanges sur le rôle et les responsabilités des entreprises dans le respect et la défense des droits de l’enfant. Cette rencontre stratégique, qui s’étend sur deux jours, s’inscrit dans le cadre de l’élaboration du Plan d’Actions National (PAN) sur les « Entreprises et les Droits de l’Homme », en cohérence avec la Vision Sénégal 2050.

Cette rencontre se veut bien plus qu’un simple événement technique, c’est une étape cruciale vers l’élaboration du Plan d’Actions National (PAN) « Entreprises et droits de l’homme », un engagement auquel le Sénégal a souscrit en adoptant les Principes directeurs des Nations Unies (principes de Ruggie) en 2011.

M. Julien Ngane NDOUR, Directeur des Droits Humains, a souligné l’importance d’aligner les ambitions économiques du pays sur ses engagements internationaux en matière de protection des enfants. « La transformation de notre économie n’aura de sens que si elle protège les plus vulnérables. Le Sénégal de 2050 ne se construira pas sans les enfants d’aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Souvent ignoré ou sous-estimé, l’impact direct ou indirect de l’activité économique sur les droits de l’enfant est aujourd’hui au cœur des débats. Qu’il s’agisse des conditions de travail des parents, des risques d’exploitation infantile, de l’impact environnemental sur la santé des enfants ou encore des messages véhiculés dans les stratégies de marketing, chaque entreprise détient une part de responsabilité.

Les discussions ont permis de formuler des recommandations concrètes, à inscrire dans le PAN en cours d’élaboration, afin d’aider les entreprises à : Intégrer les droits de l’enfant dans leurs politiques internes et leurs chaînes d’approvisionnement ; Adopter des pratiques durables favorables à l’épanouissement des enfants ; Instaurer des mécanismes de vigilance et de redevabilité en matière de respect des droits humains.

L’atelier réunit une diversité d’acteurs : treize ministères, des entreprises nationales et multinationales, des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers. Cette approche inclusive et participative vise à faire émerger une vision commune d’un secteur privé socialement responsable, partie prenante dans la construction d’un Sénégal souverain, juste et prospère.

Les travaux s’inscrivent pleinement dans les quatre piliers stratégiques de la Vision Sénégal 2050 : Une économie compétitive et souveraine, où le privé devient moteur du développement durable ; Un développement équitable, centré sur la justice sociale et la protection des plus vulnérables ; Un capital humain renforcé, avec un accès équitable à la santé, à l’éducation et à la protection ; Une gouvernance refondée, fondée sur la transparence, la redevabilité et le dialogue.

L’atelier ambitionne de catalyser un changement de paradigme dans la culture d’entreprise au Sénégal, où la recherche de profit ne se ferait plus au détriment des droits humains.

« Chaque geste entrepreneurial peut être une porte ouverte vers une enfance protégée, épanouie et libre », a rappelé M. Ndour.

Ce rendez-vous stratégique marque ainsi une avancée significative dans la construction d’une économie plus responsable, où les entreprises, qu’elles soient nationales ou internationales, deviennent co-architectes d’un avenir plus équitable pour les enfants du Sénégal.

PMF