L’émission dominicale « Face au Jury » de PressAfrik TV HD recevait ce dimanche 31 août Moustapha Diaw, cadre du Parti socialiste (PS) et président du mouvement Racines socialistes. Dans cet entretien, il a livré son analyse de la situation politique nationale, tout en s’attardant sur l’avenir du PS, miné par des divisions internes depuis plusieurs années.
Abordant les positions politiques de Barthélémy Dias, Ousmane Sonko et Khalifa Sall, Moustapha Diaw a insisté sur l’importance pour un homme politique d’éviter les revirements opportunistes et de privilégier des positions de principe. Il a également mis en garde contre les risques liés au bicéphalisme dans la conduite de l’État, en référence aux relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, estimant que la stabilité politique doit reposer sur une répartition claire des responsabilités.
Revenant sur la crise qui secoue le Parti socialiste, il a rappelé les tensions nées autour de l’intérim prolongé d’Aminata Mbengue Ndiaye, secrétaire générale par intérim depuis le décès d’Ousmane Tanor Dieng en 2019. L’Initiative pour la Réforme du Parti socialiste (IR/PS) a d’ailleurs déposé une plainte contre elle, l’accusant de s’accrocher indûment au poste. C’est dans ce contexte que des militants ont créé Racines socialistes, mouvement qui se fixe pour mission de réunifier la famille socialiste et de renouer avec les idéaux défendus par Léopold Sédar Senghor.
Pour Moustapha Diaw, l’heure est aux réformes structurelles. Il appelle à l’organisation d’un Congrès de refondation destiné à moderniser le PS, à renouveler ses dirigeants et à adopter de nouveaux textes adaptés aux réalités actuelles. Parmi ses propositions figure la création d’un poste de président du parti, confié à une personnalité respectée et capable de jouer le rôle d’arbitre en cas de crise, en présidant aussi bien le Secrétariat exécutif national que le Comité central. À ses yeux, le Parti socialiste doit s’ouvrir à la jeunesse et aux femmes pour porter un programme ambitieux et reconquérir sa crédibilité sur l’échiquier politique.
Le responsable thièssois rappelle avoir plaidé, dès avant l’élection présidentielle de 2024, pour une rupture avec le compagnonnage avec Macky Sall. « En 2021, j’ai demandé à un ministre socialiste de quitter le gouvernement, car celui-ci ne défendait plus les valeurs socialistes », a-t-il affirmé. Enfin, il a exprimé son soutien au président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre Ousmane Sonko, dont il salue la récente offensive diplomatique qui, selon lui, a replacé le Sénégal sur la scène internationale.