À Saly, station balnéaire jadis vitrine du tourisme sénégalais, le foncier continue de susciter inquiétudes et interrogations. Avant-hier, le président du Conseil d’administration de la Société d’Aménagement et de Promotion des Côtes et Zones Touristiques du Sénégal (Sapco), Doudou Gnagna Diop, a conduit une visite technique en compagnie du préfet de Mbour et de membres de son équipe. Une descente qui révèle l’ampleur d’une réalité préoccupante : l’érosion progressive du patrimoine foncier de la Sapco ainsi que la multitude de réclamations foncières à gérer* .
Il préconise un règlement rapide des contentieux en cours pour permettre à la structure parapublique de mieux respirer et de prendre pleinement son envol.
« En 2019, ce site de la bande des filaos couvrait près de 90 000 m². Aujourd’hui, il n’en reste qu’environ 2 000 », a alerté le PCA. Il a également pointé du doigt l’insécurité récente, l’état de l’environnement et des espaces publics à entretenir pour le bien-être des visiteurs et des riverains, devant un parterre de techniciens médusés. La question des occupations illégales ou irrégulières s’impose désormais comme une priorité.
Au-delà du foncier, la délégation a aussi dénoncé l’insécurité qui gangrène certains espaces. Des camions de nettoyage ont été aperçus jusqu’à Elton, à l’entrée du périmètre, signe que la Sapco tente d’endiguer une situation devenue chronique. Mais la question demeure : quels types d’investissements ces terrains encore disponibles pourront-ils accueillir demain ?
Pour apporter de la clarté, M. Diop a annoncé la délimitation prochaine des espaces relevant du portefeuille de la société. « Déterminer les limites exactes est essentiel, non seulement pour sécuriser nos biens, mais aussi pour permettre aux administrateurs d’avoir une lecture fidèle de la réalité du terrain », a-t-il insisté.
À travers cette mission, du conseil d’administration allant de Saly à Pointe Sarène, la Sapco veut envoyer un signal fort : le temps de l’improvisation est révolu. Entre pressions foncières, enjeux environnementaux et attentes des acteurs touristiques, l’avenir de Saly et des zones côtières sous sa tutelle se jouera dans la capacité de l’État et de ses services techniques à préserver ce patrimoine stratégique, tout en relançant une destination touristique qui cherche à retrouver son éclat.