TOURISME : Doudou Gnagna Diop plaide pour une relance territoriale 

Le PCA de la SAPCO analyse les enjeux du secteur, la dynamique du premier Salon du Tourisme et les perspectives de la nouvelle politique gouvernementale.


‎Le Président du Conseil d’Administration de la SAPCO, Doudou Gnagna Diop, estime que le tourisme occupe désormais une place stratégique dans le Référentiel Sénégal 2050. Considéré comme un véritable moteur de croissance, il figure, selon lui, dans les quatre axes majeurs de l’agenda de transformation du pays. Mais pour que cette ambition prenne forme, prévient-il, le Sénégal doit impérativement déconcentrer son développement touristique et aller investir dans les huit pôles identifiés.

‎Pour repositionner efficacement le Sénégal, Doudou Gnagna Diop appelle à sortir de la dépendance historique vis-à-vis du marché français, qui représente encore 80 % des arrivées, et plus largement du marché européen (90 %).
‎Il mise également sur le tourisme intérieur, longtemps négligé, et sur le tourisme religieux, « un segment à très forte valeur ajoutée », porté par les grands déplacements liés aux foyers spirituels du pays. L’enjeu, selon lui, est de créer des circuits structurés autour du patrimoine religieux afin d’en faire un produit touristique à part entière.

‎Dans son analyse, le PCA de la SAPCO interpelle sur la valeur ajoutée qui se perd hors du pays :

‎« Le client paie son séjour dans les pays émetteurs ou se trouve les T.O(tour-operateur). Au Sénégal, il ne dépense que pour quelques extras. La vraie valeur ne rentre pas dans notre économie. Il faut trouver un mécanisme pour la récupérer, comme l’a fait le Maroc », affirme-t-il.

‎Pour lui, la création d’un tour-opérateur national solide est indispensable pour capter une part de cette richesse et renforcer la souveraineté économique du secteur.

‎La station de Saly, “arrivée à saturation”, ne peut plus absorber de nouveaux projets. La SAPCO se tourne désormais vers Pointe Sarène et Mbodiène, où de nouvelles opportunités ont été identifiées lors de visites effectuées avec le ministre du Tourisme.
‎Il alerte surtout sur les nombreux sites littoraux abandonnés ou vétustes, autrefois occupés puis laissés en friche :

‎« Ces espaces, idéalement situés en bord de mer, doivent être libérés. L’économie touristique a besoin de ces emplacements pour attirer de nouveaux investisseurs. »

‎Doudou Gnagna Diop se réjouit également de la participation de l’Élite École Hôtelière et Touristique (EEHT) de Thiès au Salon du Tourisme.
‎Avec des taux de réussite oscillant entre 90 % et 100 %, l’établissement s’impose comme un pôle d’excellence dans la formation aux métiers du tourisme et de l’hôtellerie. Le salon a permis aux apprenants de nouer des contacts privilégiés avec des hôtels, des tour-opérateurs et des investisseurs, autant d’opportunités pour des stages et une insertion facilitée.

‎Habitué depuis 40 ans aux grands rendez-vous internationaux, le PCA de la SAPCO n’a pas caché son satisfaction :

‎« Le niveau d’organisation était comparable aux salons professionnels européens. C’est un tournant historique pour le Sénégal. »

‎Le Salon a permis d’attirer des marchés émetteurs peu présents jusqu’ici, notamment d’Europe centrale, et de renforcer les liens avec le Maroc, invité d’honneur.

‎Selon lui, malgré une situation économique difficile héritée des dernières années, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko a posé des actes forts :
‎baisse du carburant, de l’électricité et des denrées, amélioration du pouvoir d’achat et allègement des coûts de production.

‎« Un investisseur regarde toujours les perspectives. Aujourd’hui, certains retrouvent de l’oxygène et recommencent à s’intéresser au Sénégal », note-t-il.

‎Il cite notamment le retour annoncé ou envisagé de grands tour-opérateurs comme Alpitour, Kuoni ou encore FAM.

‎Dernier plaidoyer du PCA : la régularisation du domaine maritime, aujourd’hui encombré de terrains occupés sans exploitation, de ruines et d’espaces improductifs.

‎« Le Sénégal doit récupérer ces zones stratégiques pour y installer des entreprises touristiques capables de créer des emplois locaux. La jeunesse en a besoin », insiste-t-il.

‎Pour finir Mr Diop appel à une diversification de produit comme l’agrotourisme et le tourisme médicale (Ephads) sont a développer sur la grande côte entre cayar et mboro Zone privilégiée en plage de sables fins et d’un climat tempéré acceptable pour se refaire une bonne santé et y cultiver toute une diversité de produit maraîchers et d’agrume.
‎Anta Fofana Konaté (Correspondante)