Face aux députés réunis pour l’examen du Budget 2026, le ministre de l’Éducation nationale a livré un message fort : « L’éducation est un levier catalytique, un moteur puissant de transformation sociale, économique et culturelle. »
Une conviction qui a servi de fil conducteur à une intervention dense, articulée autour de plusieurs réformes majeures destinées à refonder le système éducatif sénégalais en profondeur.
Refonte du système éducatif : une exigence nationale
Le ministre a insisté sur l’urgence de repenser l’ensemble des fondements du système éducatif, de l’architecture institutionnelle aux contenus pédagogiques, en passant par les mécanismes de financement.
Cette refondation, déjà engagée à travers la réforme curriculaire, NITHÉ, l’introduction des langues nationales et la modernisation des infrastructures, vise à construire une école plus inclusive, plus performante et mieux connectée aux besoins du pays.
Un modèle de financement à transformer
L’un des points centraux du discours a porté sur la limite du modèle actuel de financement, jugé insuffisant pour répondre aux défis structurels « Nous travaillons avec un budget figé, alors que les besoins explosent. Tant que notre système dépendra exclusivement du budget national, nous resterons très loin du compte. »
Le ministre a plaidé pour :
• une diversification des sources de financement,
• une plus grande implication des collectivités territoriales, du secteur privé et des partenaires,
• une réflexion sur la création d’un fonds souverain dédié à l’éducation,
afin de sortir des contraintes du cycle budgétaire annuel et d’accélérer l’éradication des abris provisoires, la modernisation des écoles, le recrutement et la formation des enseignants.
Les daaras : intégrer, moderniser et valoriser
Sur la question des daaras, le ministre a rappelé que leur réforme est désormais un chantier national prioritaire.
L’objectif est clair : intégrer pleinement les daaras dans le système éducatif, assurer aux apprenants un cadre harmonisé, sécurisé, conforme aux standards pédagogiques nationaux, tout en préservant l’identité religieuse et culturelle de ces écoles.
Cette intégration se matérialise à travers :
• les Assises nationales des daaras,
• la définition de normes pédagogiques,
• le soutien aux enseignants et aux maîtres coraniques,
• le développement d’infrastructures adaptées.
Le rôle historique et stratégique de l’école catholique
Le ministre a également salué la contribution essentielle de l’école catholique, partenaire historique de l’État depuis l’indépendance.
Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer ce partenariat fondé sur :
• la qualité pédagogique,
• la discipline éducative,
• la complémentarité structurante entre enseignement public et enseignement catholique,
• et le respect du statut et de l’autonomie des établissements confessionnels.
L’école catholique reste un pilier du pluralisme éducatif sénégalais et un acteur incontournable de la formation du capital humain.
Démocratiser les sciences : vers une véritable société scientifique
Le ministre a rappelé la nécessité de démocratiser l’enseignement des sciences, non seulement dans les lycées d’excellence, mais dans l’ensemble du pays.
Le Sénégal ambitionne de devenir une société scientifique, capable d’innover, de produire et d’utiliser le savoir pour relever les défis du développement.
Cela passe par :
• la construction de blocs scientifiques et technologiques,
• la formation d’enseignants spécialisés,
• l’introduction massive du numérique et de l’intelligence artificielle,
• un meilleur encadrement de l’excellence scolaire,
• la participation active des jeunes aux olympiades et concours internationaux.
Un message fort aux parlementaires : comprendre avant d’agir
En conclusion, le ministre a exhorté les représentants de la Nation à s’approprier les enjeux éducatifs :
« Pour agir efficacement, nous devons mieux comprendre notre système éducatif, sa structure, son fonctionnement et ses besoins réels. »
À travers ce plaidoyer, il appelle à une action collective, lucide et courageuse, pour bâtir un système éducatif résilient, équitable et durable — un système capable d’accompagner la transformation du Sénégal et de préparer la génération 2035.